
vendredi 25 janvier 2008
dimanche 20 janvier 2008
mercredi 16 janvier 2008
[listing] juin 2008
Pour se donner du courage:
[ ] MURGE
Jeunesse :
[X] L'agenda
[X] L'Autre
[X] Le combat d'hiver
[ ] Phaenomen
[ ] Les trois rives du fleuve
[ ] Tobie Lolness
[X] Bonne nuit, sucre d'orge
[X] Que cent fleurs s'épanouissent
[ ]Autre
[ ]Autre.
Théorie :
[en cours] L'analyse du texte de théatre
[en cours] Les grandes théories du théatre
[et oui aussi, mégabête] Esthétique du théatre moderne
[ ] Le théatre à travers les âges
[ ] L'amour du nom
[ ] La poésie n'est pas seule
[ ] La poésie comme l'amour
[ ] La matière émotion
[ ] Qu'est-ce que la poésie?
[ ] A quoi sert le théatre?
Classique :
[X] RI-LAX
[ ] MURGE
Jeunesse :
[X] L'agenda
[X] L'Autre
[X] Le combat d'hiver
[ ] Phaenomen
[ ] Les trois rives du fleuve
[ ] Tobie Lolness
[X] Bonne nuit, sucre d'orge
[X] Que cent fleurs s'épanouissent
[ ]Autre
[ ]Autre.
Théorie :
[en cours] L'analyse du texte de théatre
[en cours] Les grandes théories du théatre
[et oui aussi, mégabête] Esthétique du théatre moderne
[ ] Le théatre à travers les âges
[ ] L'amour du nom
[ ] La poésie n'est pas seule
[ ] La poésie comme l'amour
[ ] La matière émotion
[ ] Qu'est-ce que la poésie?
[ ] A quoi sert le théatre?
Classique :
[X] RI-LAX
Si je passe ma vie les yeux dans les mots de mes livres, c'est surement pour éviter de voir vos gueules.
vendredi 11 janvier 2008
Il n'y a que le vent pour gonfler les voiles des navires.
SCHOONHEYT Carole
Arthur RIMBAUD.
BIOGRAPHIE
Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville dans les Ardennes. Son père est capitaine d’infanterie, il est en mission la plupart du temps et Arthur ne le connaîtra que peu. Sa mère, Vitalie Cuif est la fille de petits propriétaires, elle a un goût inné pour l’autorité.
Il a un frère, Frédéric et deux sœurs, Vitalie et Isabelle.
Elève brillant, le jeune Rimbaud compose des vers latins, il obtiendra le premier prix du concours académique pour « Juguntha ».
En 1869, il compose son premier poème : « les étrennes des orphelins ». Un an plus tard, en rhétorique, il se lie d’amitié avec son professeur, Georges Izambard qui lui fait découvrir Rabelais, Victor Hugo ou encore Théodore de Banville.
Rimbaud envoie ses premiers poèmes «sensations », «ophélie » et «soleil et chair » à Théodore de Banville avec l’espoir d’être publié dans «le parnasse contemporain » mais ses envois resteront sans réponse.
Ensuite, il fait une fugue à Paris. Suite à celle-ci, il est incarcéré. Il fait appel à Izambard. Il passe quelques temps à Douai chez les sœurs Gindre, des amies de la famille Izambard. Mais sa mère exige son retour à Charleville.
A peine revenu, il songe déjà à fuir. Il part alors pour Charleroi où il espère devenir journaliste. Il échoue et après un détour par Bruxelles, il revient à Charleville.
Pendant l’hiver 1870-1871, il lit les socialistes français, les historiens et des ouvrages d’occultisme.
En février 1871, il fugue pour la troisième fois. Il part pour Paris et retourne finalement à Charleville.
Le 18mars, Rimbaud apprend avec allégresse l’établissement de la commune de Paris. Il manifeste immédiatement ses sentiments communards : pipe au bec, gouailleur et insolent, il se plaît à crier devant bourgeois et banquiers : « l’ordre est vaincu ! ».
Un doute demeure sur la participation effective de Rimbaud à la commune.
Etait-il à Paris les 23 et 24 mai ? Rien n’est moins sur.
(Note : du 21 au 28mai : la semaine sanglante verra Paris, aux mains des communards, repris par les troupes versaillaises.
21mai : entrée des troupes versaillaises dans Paris
28mai : exécution des défenseurs de la commune de Paris devant le mur des
Fédérés.
Les communards : il s’agit des élus de la Commune de Paris dont nous parlerons plus tard, dans le contexte historique. Ils étaient issus de la petite et de la moyenne bourgeoisie et se retrouvèrent unis dans la Commune, ils s’intéressent davantage aux questions sociales qu’aux problèmes politiques.)
Toujours est-il que les poèmes de Rimbaud expriment sa vive passion communarde :
« Les mains de Jeanne Marie », « Paris se repeuple. »
Les 13 et 15mai, Rimbaud écrit deux lettres capitales.
La première est envoyée à Izambard, il s’en prend au professeur qui roule dans la bonne ornière.
« Pourquoi ? Je veux être un poète et travailler à me rendre voyant. […] Il s’agit d’arriver à l’inconnu par le dérèglement de tous les sens. »
La seconde lettre est adressée à Paul Dumeny, il s’agit de la célèbre lettre du voyant dans laquelle Rimbaud se prononce pour une poésie nouvelle. Il les accompagne des « Poètes de 7ans » et des « pauvres à l’église ».
Il traverse une violente crise d’anticléricalisme et d’antichristianisme. Il devient critique à l’égard du Parnasse comme on le constate dans son poème : « ce qu’on dit du poète à propos de fleur », poème qui se moque habilement des thèmes parnassiens.
Rimbaud rencontre alors un employé aux contributions qui connaît Paul Verlaine et ce même employé lui propose de le mettre en contact avec le poète saturnien.
Rimbaud rédige une longue lettre qu’il accompagne de ses nouveaux poèmes :
« Mes petites amoureuses », «Paris se repeuple », et « Premières communions ».
Verlaine veut faire venir Rimbaud à Paris :
« Venez chère grande âme on vous appelle, on vous attend. » Rimbaud débarque à Paris fin septembre, il loge d’abord chez les beaux-parents de Verlaine. Jugé indésirable, il est obligé de trouver refuge chez des amis de Verlaine.
Rimbaud participe avec Verlaine aux réunions du cercle zutique. Rimbaud collabore à l’Album zutique. Dans ce cercle de poètes parisiens, on peut boire, lire et chanter. Rimbaud fait probablement la découverte du haschisch. Cependant, agressif et maussade, il n’est guère apprécié.
Il sera mis à la porte du cercle.
(Note : cercle Zutique : cercle de poètes fondé par d’anciens membres des vilains bonshommes (club parnassien).
Album Zutique : album dans lequel chaque participant au cercle laisse un message, principalement en vers.)
Nous sommes en 1972.
Rimbaud et Verlaine hantent les cafés du quartier latin et mènent une vie dissolue qui provoque la colère de madame Verlaine.
Elle n’avait que 16ans lorsqu’elle a épousé Verlaine, elle lui a donné un fils un an avant l’arrivée de Rimbaud. Elle demande à Verlaine de renvoyer Rimbaud. Ils partent à Bruxelles. Mathilde vient rechercher son mari et Verlaine rentre à Paris.
Le 4 septembre, ils partent à Londres où ils étudient l’anglais et errent dans la ville. La misère va s’accentuant et Verlaine est tourmenté par la demande de divorce de sa femme. Rimbaud retourne dans les Ardennes et en janvier 1973, il reçoit une lettre de Verlaine où ce dernier dit qu’il se sent mourant de désespoir à Londres. Madame Verlaine mère procure l’argent du voyage à Rimbaud.
Rimbaud arrive à Londres et se consacre à l’étude au British museum, il rentre ensuite à charleville où il commence à rédiger le Livre païen ou le Livre nègre qui deviendra : « une saison en enfer ».
Après un nouveau voyage à Londres, un passage à Bruxelles et une querelle qui faillit coûter la vie à Rimbaud (Verlaine lui tira dessus le 10 juillet 1973, Rimbaud ne fut touché qu’au poignet.), ce dernier quitte Bruxelles et le jour de départ, affolé par la présence douteuse de Verlaine à la gare du midi, il accoste un agent et Verlaine se retrouve condamné à deux ans de prison.
Rimbaud rentre à Charleville et achève « Une saison en enfer ».
En 1974 , Rimbaud se retrouve de nouveau à Londres avec Germain Nouveau qui l’aide à recopier les poèmes d’ « Illuminations ». Rimbaud voyage ensuite en Allemagne, en Suisse et en Italie.
Verlaine en prison essaye de le reconquérir mais il part pour la Hollande en 1975 et signe un engagement de 6ans dans l’armée.
Armée qu’il finira par déserter.
Puis ce ne sont qu’allers et retours entre Charleville et le large.
Le reste de sa vie n’entre désormais plus dans le fait littéraire et nous ne l’aborderons pas ici.
Rimbaud est mort le 10novembre 1891. Il avait 37ans.
Le contexte historique : La commune de Paris.
En juillet 1970, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. Mais il y a une accumulation de défaites militaires en France. Le 4 septembre, la république est proclamée. Le peuple de Paris assiégé par les Allemands à partir du 19 septembre réclame la guerre à outrance alors que le gouvernement n’est nullement décidé à la lutte.
Deux pouvoirs commencent à s’opposer :
_celui de l’état bourgeois
_celui du peuple.
Thiers (le chef du pouvoir exécutif et symbole même de la bourgeoisie) se réfugie à Versailles et donne l’ordre aux troupes de quitter Paris et de s’emparer des canons de la lutte Montmartre. Le même jour, il prend soin d’arrêter Auguste Blanqui. Le 18mars au matin, le peuple s’oppose à la troupe venue chercher les canons et puis rapidement, la troupe sympathise avec le peuple, et le tout Paris s’enflamme d’une même solidarité entre garnison et population.
Deux généraux sont fusillés. C’est le début de l’insurrection. Des élections sont organisées le 26mars : c’est la proclamation de la Commune.
Elle va administrer Paris jusqu’au 20mai, votant des lois d’avant-garde que la république n’a repris que quelques années plus tard :
Droit de vote des femmes.
Interdiction du travail de nuit pour les enfants.
Séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Faite d’une guerre permanente contre les armées Versaillaises, la courte histoire de la Commune est essentiellement composée de nombreux épisodes militaires où les revers sont plus nombreux que les succès.
La Commune fût finalement vaincue pendant la semaine sanglante qui débuta avec l’entrée des troupes versaillaises dans Paris le 21 mai pour s’achever avec les derniers combats au cimetière du Père Lachaise le 28mai.
Il y eut de nombreuses exécutions sommaires.
Thèmes rencontrés dans les poèmes de
Rimbaud.
A. La femme.
Un quart des poèmes du recueil de Rimbaud se rapporte à la femme. Mais parmi ceux-ci, ceux qui chantent la femme sont peu nombreux.
« Première soirée » évoque pourtant le bien être dans la compagnie féminine alors que mes « petites amoureuses » n’est que mépris et haine.
Nous pouvons déceler ici le problème de la relation à la mère froide et autoritaire qu’il avait, comme le traduit « les étrennes des orphelins » qui évoque la frustration affective.
B. Les rapports sociaux et politiques.
De nombreux textes traduisent l’engagement politique de Rimbaud.
« Les affaires » évoque la misère des enfants contemplant le pain superflu des riches. Dans « le forgeron », les ouvriers apparaissent comme des héros. Il fait de la peinture sociale avec « les douaniers » qui dénonce l’ordre établi ou encore les dirigeants dans les « rages de César ».
C. Les réflexions morales et religieuses.
Il s’agit généralement d’une condamnation. Dans « les premières communions », il condamne les méfaits de la religion chrétienne qui transforme selon lui, « l’élan d’amour en pseudo-amour mystique », ressenti comme une déviation des instincts.
Il condamne aussi la guerre dans « le dormeur du Val », « le chant du guerrier parisien » ou « les Carloux » .
D. La composante autobiographique.
Quelques textes mettent Rimbaud directement en scène : « Le bateau ivre » , symbolise l’errance du poète, l’image de sa destinée, sa libération.
« Les poètes de 7ans », annonce « le bateau ivre » . Il regroupe les thèmes majeurs de son œuvre comme les rêves de liberté, la sensualité mal assumée, la haine de dieu, l’amour des ouvriers.
E. Le regret.
Dans ses premiers textes, le passé est récurrent. C’est l’époque où la tendresse existait encore comme dans « les étrennes des orphelins », où on faisait la révolution comme dans « le forgeron », où le contact avec la nature avait préservé la grandeur de l’homme comme dans « soleil et chair ».
Au moment où il regrette une époque révolue, il trouve en lui un futur qu’il ne peut concevoir que comme un retour au passé.
Il regrette la mère et la tendresse.
F. La haine.
Il n’y a qu’un pas entre la haine et le mépris et Rimbaud le franchit. Il ne déteste jamais ouvertement sa mère mais passe rapidement de la dissimulation de ses frustrations à l’affichage d’une haine étendue à toutes les femmes. Il parle de premières répugnances qui marquent son évolution vers le réalisme. Il condamne l’amour dans son avatar féminin dans « les superbes de Nina ».
Après avoir condamné la femme, il passe à la condamnation de la société rendue responsable de la condition de celle-ci et en tête de la société, il place la religion.
Le catholicisme apparaît à Rimbaud comme la déviation des instincts donc comme un asservissement. La haine implique des blasphèmes les plus violents, on peut parler d’anticléricalisme.
G. L’espoir et La révolte.
Son espoir en une nouvelle vie est bien lié à la révolte contre une société déchue, étouffante. La valeur fondamentale de cette nouvelle vie est l’amour universel, l’amour s’oppose à la religion et se trouve dans la nature comme le montre : « les premières communions ».
La révolution : passage du besoin personnel d’amour à l’alliance avec les travailleurs qui transparaît déjà dans « le forgeron ». le thème ouvriériste s’oppose à la religion.
On ne peut pourtant pas dire que Rimbaud soit un socialiste, il serait davantage un contestataire.
Se révolter, c’est affirmer que l’on est différent et qu’il existe autre chose. Il doit s’en justifier en s’assignant un but : l’appel à un bouleversement politique et surtout à un autre univers où régnerait l’amour.
H. La quête de l’inconnu.
« Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé une âme déjà plus riche qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu. »
Il veut se revitaliser, retrouver le vrai sens de la vie. Sa quête se fait hors des normes morales.
I. Les lieux.
Il peint des tableaux naturels comme dans « sensations ». Il y a aussi des poèmes consacrés à l’intérieur d’un bâtiment comme dans « cabaret vert ».
J. Les aspects littéraires.
Il fait des poèmes proches d’un art poétique. « ce qu’on dit de poète à propos de fleurs », « voyelles », apparaissent comme une dissection du langage poétique. Il y a des personnages qui proviennent d’autres œuvres comme dans « Ophélie » ou du « Châtiment de Tartufe », il y a parfois des reconstitutions comme dans le « Bal des pendus » ( dont un des parrains est François Villon).
L’univers de Rimbaud.
A. Sa province natale.
Grâce à Charleville, aussi méprisée soit-elle, Rimbaud se définit par rapport à la laideur et à la sottise de la convention, il veut se poser en contestataire et éprouver la supériorité de ses propres aspirations.
Cependant, cet éloignement ne se fait pas dans la froideur, la province garde son poids, provoquant dégoût et colère. Elle est rebaptisée Charlestown par Rimbaud.
B. Paris.
Paris attire Rimbaud, elle est le lieu de ses premières fugues. C’est d’abord le Paris historique et politique, ensuite le Paris de la liberté opprimée.
C. La nature.
La nature est rarement évoquée de façon réaliste, mais il s’agit plutôt d’une nature reconstruite intellectuellement par Rimbaud. Il y trouve un réconfort artificiel qui réclame le désir. La nature comme lieu de passage devient détentrice de libertés et régénératrice parce que le poète y exerce son errance.
Il y a donc une assimilation entre amour et nature. Il y trouve donc amour et liberté au moment où le jeune Rimbaud éprouve ses premières difficultés à rencontrer cela parmi les hommes.
D. L’ailleurs.
Il est en recherche d’un ailleurs, il abandonnera la nature pour créer à coup de formes, de couleurs et d’images, un autre univers.
Le monde imaginaire de Rimbaud.
A. Les lieux et les refuges.
Trop tôt adulte et trop longtemps petit enfant, il développe de nombreuses images de régressions infantiles comme dans « les poètes de 7ans ».
B. L’errance.
« Et j’irai bien loin comme un bohémien… »
Il y a un désir de fuite perpétuelle mais il revient toujours au lieu qu’il a fuit, l’essentiel c’est de partir. Il y a un paradoxe avec le besoin de refuge. Il est symbolisé par « le bateau ivre ».
Il y a une synthèse du voyage et de l’errance, l’accent est mis sur le mouvement. Ce bateau sans gouvernail est le symbole de la liberté, il dérive.
On ne peut dissocier cette course folle de l’entreprise du voyant. La mer peut représenter le langage poétique comme moyen d’accéder à l’inconnu.
C. L’or, la lumière et le feu.
Toujours dans « le bateau ivre », on trouve une théorie de l’or associée à l’inconnu. Le doute plane déjà sur la possibilité de l’atteindre. Le plus souvent, l’or est placé au-dessus du poète et il ne peut l’atteindre. L’or peut symboliser :
- l’inaccessible
- le bonheur inaccessible
- la connaissance inaccessible.
La quête de la connaissance inaccessible s’appuie sur l’image de lumière, il oppose les lumières à l’obscurantisme. Il veut dépasser la nuit pour accéder à la vraie vie. Il y a des illuminations dans « le bateau ivre », cela évoque plutôt l’effort pour voir, les tentatives du voyant.
Rimbaud et la littérature.
A. Le Parnasse.
Dès ses premiers textes, Rimbaud cherche à être reconnu par les parnassiens qui recherchent l’art pour l’art. Il se détachera rapidement d’eux avec « ce qu’on dit au poète à propos des fleurs ».
Les parnassiens opposent un souci d’impersonnalité qui leur fait fuir les facilités du lyrisme et, à travers leurs métaphores constamment empruntées au domaine de la sculpture, prôner le culte du travail poétique.
Loin de l’engagement social des romantiques, ils se prononcent pour une retraite hautaine, tout entière vouée à la célébration d’une beauté divinisée.
Ces tendances se prolongeront dans le symbolisme.
Thèmes du Parnasse :
- le beau (images et symboles sont utilisés)
- l’art pour l’art ( refus de l’engagement du poète dans les luttes sociales de son temps et rêve d’une utilité plus haute qui ne doivent rien au besoin immédiat).
- L’impersonnalité ( contre l’épanchement lyrique des romantiques, culte de la distance et de l’objectivité).
B. le symbolisme.
Pour le symboliste, qui prône un individualisme forcené, la vie intérieure est le seul chemin d’accès aux mystères de l’être. Il ne se soumet pas à la société mais il est l’esclave de lui-même : à travers son œuvre, l’artiste tente de révéler les zones cachées de l’esprit, de matérialiser les rêves, les pulsions inconscientes, les automatismes psychiques et les réflexes.
Rimbaud ne recherchait pas une langue poétique riche en symbole : il mesurait l’insuffisance des symboles, c’est pourquoi son œuvre tend à un appauvrissement de la métaphore jusqu’à se transformer en une sorte de biographie de l’esprit.
Il cherche à saisir le concept abstrait qui motive l’image poétique : mais il se heurte à la frontière de son art.
Bien que le mouvement symboliste soit apparu en 1886 lorsque paraît le manifeste du symbolisme de Jean Moréas, celui-ci ne fait qu’entériner une évolution littéraire qui a déjà eu lieu : cette révolution littéraire de 1886 apparaît comme le contre coup d’un mouvement plus profond qui a amorcé une rupture dès la décennie 1870 avec le naturalisme et le parnasse et qui a métamorphosé la sensibilité poétique et la conscience du fait littéraire.
Les principaux « phares » du symbolisme appartiennent donc à des générations nettement antérieures :
-Baudelaire
-Verlaine
-Rimbaud
-Mallarmé
tendances poétiques :
- l’esprit décadent : le pessimisme est à la mode et les recueils de poèmes tels que ceux de Verlaine ont multiplié les mélancolies insaisissables.
- L’impressionnisme : a appris à suggérer plutôt qu’à offrir, le lecteur devra deviner tout seul.
- Les vers libristes : ont libéré le vers des entraves prosodiques. La prose poétique de Rimbaud et de Mallarmé a joué un rôle décisif dans l’assouplissement du nouveau langage poétique.
- La « volonté de reprendre à la musique son bien » : domine ce renouveau poétique dont le credo pourrait être l’art poétique de Verlaine « de la musique avant toute chose ».
C. Son apport à la poésie.
L’écriture de Rimbaud donne l’exemple universel d’une expérience des limites, chacun ayant au cours de son existence ressenti cette période que le poète maudit, larguant les amarres, pousse à son comble alors que l’homme se contente de l’abriter frileusement sous le masque social.
Rimbaud a aussi inventé une nouvelle langue, comme il le souhaitait : « l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant (cf. lettre du voyant (annexe))
Pas de description minutieuse : une forme, une violence charnelle dans la couleur éclatante. Par ses visions, les êtres, les objets s’animent et s’unissent dans la vie de l’image.
Ce nouveau verbe poétique a fait sauter les normes de la civilisation et de la détermination sociale. (cf. Art poétique)
Avec lui, la poésie a la couleur de la musique et de la peinture, le mouvement de la danse et du rêve. Il souhaitait que d’ « horribles travailleurs » lui succèdent.
Et ils sont venus les Jarry, les Artaud, les Vitrac et tous les surréalistes, sans oublier les poètes du grand jeu comme René Daumal et Henri Michaux. Comme « le bateau ivre », ils ont plongé au fond de l’inconnu, ouvrant la voie à la poésie contemporaine.
Correspondance de Rimbaud.
Ces lettres éclairent la démarche poétique de Rimbaud, notamment les deux lettres adressées à Théodore de Banville, dans la première on découvre un Rimbaud humble et admiratif envers son aîné, la deuxième est déjà beaucoup plus impertinente et témoigne du désir de Rimbaud de se détacher des formes poétiques académiques.
Mais les deux lettres les plus importantes sont les lettres dites du voyant adressées à Izambard et Demeny dans lesquelles Rimbaud fait part de son « programme poétique ».
La lettre du voyant
À lire en annexe
A. contexte.
A la mi-mai 1871, en liaison avec l’ébranlement social, Rimbaud définit une nouvelle méthode et un nouvel objectif à la poésie dans les deux lettres du voyant.
La poésie doit être placée en avant de l’action, le nouvel objectif est la voyance, la nouvelle méthode : un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens en « une ineffable fortune où le poète a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit et le suprême savant. »
Les poètes doivent rechercher l’inconnu.
B. Baudelaire
Pour lui, Baudelaire est le premier voyant, le roi des poètes, dans la lettre du voyant, il fait une allusion au poème : « correspondances » où les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
« cette langue sera l’âme pour l’âme, résumant tout : parfums, sons, couleurs, … » mais il nuance la réussite de Baudelaire, il avait préssenti la véritable langue fondée sur les mélanges de sensations, mais il a échoué pour n’avoir pas vraiment remué les vieilles formes.
Par ailleurs l’objectif final de la voyance : établir une société meilleure reste absent de la pensée Baudelairienne.
C. La poésie objective.
Dans les lettres du voyant, il prétend plutôt s’opposer à la tradition plutôt que de s’y situer.
Pour lui, Lamartine est quelque fois voyant mais reste étranglé par la forme vieille.
(note : Lamartine : 1790-1869 : poète romantique, le vers est pour lui une musique)
Hugo, trop cabochard, a bien du vu dans ses derniers volumes.
Votre poésie sera toujours horriblement fadasse, écrit-il à Izambard. Il faut donc passer à la poésie objective.
Elle n’idéalisera plus, elle connaîtra les monstruosités qui permettront d’arriver à l’inconnu, il faut donc une peinture réaliste du moi et du monde moderne.
Il se situe comme le premier poète véritablement conscient de son rôle.
D. Le langage poétique de Rimbaud.
1. Le vocabulaire.
Les lettres du voyant sont accompagnées de 4 poèmes qui provoquent une rupture sur le plan du vocabulaire, il y a des néologismes, des termes savants, des expressions vulgaires et des emprunts régionaux.
Cette évolution est liée aux nouvelles théories. La langue se plie à la recherche de l’inconnu et au recours à l’insolite. On peut noter l’importance des adjectifs de couleurs.
(Note : néologisme : Le néologisme est le fait, pour un écrivain, d'inventer un mot.
Ex:
«O flots abracadabrantesques,Prenez mon cœur qu'il soit sauvé (...) »
Rimbaud utilise ici un mot qu'il a inventé, et qui n'est sûrement pas dans le dictionnaire ! C'est donc un néologisme.)
2. L’alchimie du verbe.
Le rôle du langage est défini, dans la lettre du voyant, il s’agit de trouver une langue :
« du reste, toute parole étant idée, le temps d’un langage universel viendra ! Il faut être académicien, plus mort qu’un fossile pour faire un dictionnaire de quelque langue que ce soit. Cette langue sera de l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. »
Le nouveau verbe permettra de trouver l’ailleurs et de le partager avec l’univers ainsi reconstruit. Le vocabulaire doit lui-même être déréglé, sortir de la norme.
Ainsi, le pacte en possession d’une méthode. Le dérèglement de tous les sens, par l’alcool, le haschisch et la débauche qui en modifiant une sensibilité modifiée chez les autres par les conventions sociales doit permettre la vision, c’est-à-dire la découverte d’un univers plus vrai.
Son instrument sera la langue, elle doit être renouvelée, elle doit échapper aux pesanteurs de son emploi traditionnel.
3. Vers une poésie non versifiée.
Le problème présente moins d’intérêt que celui de la langue. Son évolution vers la prose se fera lentement. Il se dirigera vers une poésie spécifique qui se dispensera de ces signes trop artificiels comme le sont la rime, la césure, le compte des syllabes.
4. La dislocation de la phrase.
Il y a un refus de structures syntaxiques traditionnelles : le poète veut recréer ses hallucinations par une série de touches successives. Il y a une tendance à l’accumulation qui mène à la négation de la phrase structurée.
Lien entre « la lettre du voyant » et « le bateau ivre » :
« je est un autre »
« Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon et Nargue aux inconscients, qui ergotent sur ce qu’ils ignorent tout à fait. »
A. Introduction.
Je est un autre : proposition qui forme un paradoxe.
Le pronom qui désigne celui qui parle, celui que nous croyons le mieux connaître serait, à en croire Rimbaud, un autre.
Qu’importe les questions qu’on se pose, le sujet n’est jamais, selon lui, identique à lui-même. Il n’existe dans le mouvement qui le fait différer de soi : il se transforme constamment.
La métaphore qui suit cette formule permet d’en préciser le sens. Du violon au bois, il y a toute la différence qui sépare l’instrument du matériau brut. La transformation du bois renvoie à celle du sujet appelé à devenir autre et à s’enrichir de cette aventure. Voilà ce qu’ignorent les inconscients que les promesses de cette métaphore laissent de marbre et qui préfèrent s’en tenir à la logique de l’identité.
Conclusion : la formule est paradoxale et même contradictoire puisqu’elle identifie le sujet, le moi, le pôle d’identité de la personne avec son contraire « un autre », indéfini et étranger.
(autre interprétation : la formule oppose une autre conception du sujet, plus simple, où le je s’apparaît comme responsable de ses actions et où il parle de lui à la première personne en assumant ses décisions.)
B. « Le bateau ivre » (cf. annexe).
1. je est un autre et la première partie du poème.
La métaphore du moi du poète présenté comme un bateau ivre peut apparaître comme un commentaire de la formule « Je est un autre ». L'aventure d'un vaisseau lancé à travers l'océan vers un monde inconnu devient un symbole de l'aventure poétique dans laquelle le sujet se fait « autre »en se libérant de la représentation conventionnelle de soi.
D'ailleurs la première partie du poème ( strophe 1-5) évoque cette libération. La rupture brutale avec le monde terrestre, l'abandon des haleurs aux peaux rouges qui les supplicient, la perte progressive de tout chemin, la course folle puis la danse du bateau, enfin sa purification et sa régénération au contact de la mer, tout, dans ces vers, évoque la joie et le bien-être d'une telle libération.
La dérive du moi, à l'image de celle du bateau est comprise ici comme une chance, une condition de l'aventure, une ouverture à l'imaginaire.
2. les pouvoirs de l’imaginaire.
Strophe 6, la métaphore décrit la mer comme le poème qui la décrit : « Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème de la mer ». Celui-ci ne nomme plus seulement les choses en respectant les conventions, il les suscite dans l'imagination sous un angle imprévu. L'aventure du bateau en pleine mer désigne celle du poète dans les représentations qui s'attachent à la langue.
D'ailleurs la perception de la mer aux strophes 6 et 7 en transforment l'image habituelle par l'usage des synesthésies, le recours à des qualificatifs surprenants, l'accumulation d'attelages et de pluriels poétiques (v.25-28). On assiste moins à la description du réel qu'à sa constante transformation, qu'à son déplacement d'un lieu vers un autre de la pensée. Le poème parle-t-il des couleurs mouvantes de la mer, de la musique des vagues, de la poésie ou de l'amour ? De tout cela sans doute, de façon à ce qu'une dimension du réel renvoie aux autres dans un miroitement incessant.
On le voit si « je est un autre ». La réalité qu'il perçoit est autre elle aussi et ne distingue guère de l'hallucination. Le monde qu'évoque Rimbaud se voit happé dans le vertige des métamorphoses. Or, en quoi ce monde serait-il moins réel que celui que nous avons pris l'habitude de nous représenter dans l'usage conventionnel de la langue.
3. Désenchantement.
Le poème se termine curieusement par un triple désenchantement , le regret de l' « Europe aux anciens parapets », c'est davantage encore le désir de mourir à la strophe 23, c'est enfin le retours au rêve de l'enfant « plein de tristesses », qui au bord de l'étang, « lâche un bateau frêle comme un papillon de mai ». Pourquoi une telle désillusion ? serait elle le signe que l'aventure du bateau et celle du poète n'ont été qu'un rêve appelé à se dissiper, que les merveilles évoquées n'ont été qu'entrevues ? Probablement. Mais comme le dit Proust, « les vrais paradis sont ceux qu'on a perdus »et il n'y a pas lieu de s'en affliger.
Le bonheur que donne la poésie ne réside pas dans la possession d'un autre monde, il est de rendre supportable celui-ci en nous donnant l'idée de ce qu'il pourrait être.
5. Conclusion.
Ce que promet le poème, par-delà les images qu'il suscite, c'est lui-même. Il risque certes de décevoir notre attente d'un autre monde, mais en même temps il est capable de nous enchanter.
D'ailleurs, ce qu'il donne n'est pas vain : c'est l'assurance que le sujet peut se dépasser et agrandir l'image qu'il se fait des choses qui l'entourent, qu'il peut « devenir autre », imaginer d'autres usages possibles de la langue et du monde qu'il hérite.
C'est somme toute se souvenir que du bois peut naître un violon et que la musique est proche de nous en toutes circonstances.
Glossaire poétique (quelques termes)
Style
En matière littéraire, le style est la façon d’écrire propre à un auteur, qui rend ses textes reconnaissables.
R : Il y a chez Rimbaud, une rhétorique. C’est-à-dire des procédés caractéristiques, qui reviennent fréquemment sous sa plume.
- Syntaxe particulière : énumération.
- Figures de style particulières : antithèse, allitérations (effets sonores fondés
sur la répétition de consonnes), synesthésie (pour définir une perception).
à brièveté, vivacité, intensité.
Comparaison/métaphore
R : son style comporte un véritable répertoire d’images.
« bateau ivre » : vaste système analogique autour d’une seule métaphore filée.
C’est pour avoir poussé jusqu’à la limite sa pratique de l’analogie, pour l’avoir libérée des chaînes de la logique, que Rimbaud a été célébré comme un novateur par certains poètes qui l’ont précédé ( Claudel et les surréalistes notamment).
Poème en prose
R : il n’a pas inventé le poème en prose mais il est certainement de ceux qui ont le plus contribué, au 19ème, à fonder une modernité poétique qui, au siècle suivant, devait accepter l’idée d’une poésie en prose, à dignité égale avec le vers régulier.
Rythme
Inscription du discours dans le temps.
R :
- Tendance à remplacer la syntaxe logique par la syntaxe nominale.
- Concision
- Refus de la cadence majeure
- Découpage de la phrase de prose en segments rythmiques stables
- Le recherche d’une synthèse entre écriture et oralité
Bibliographie
Ouvrages
XIXème siècle, collection Lagarde et Michard. Bordas
Profil d’une œuvre, poésies (Arthur Rimbaud), Patrick et Lucianna Olivier. Hatier
Arthur Rimbaud, poésies (texte intégral)
Le symbolisme, Jean Nicolas Illiouz. Livre de poche (références)
La littérature française des origines à nos jours, Pierre Brunel et Denis Huisman. Vuibert (guides)
Internet
Vocabulaire (cercle zutique et autres définitions(néologisme)) :
www. mag4.net
www. lettres.net
Les grands courants littéraires :
www.poètes.com
(romantisme, symbolisme, parnasse)
www. site-magister.com
www. herodote.com
fr. wikipédia.org
(symbolisme)
www. lettres. Net
gallica.bnf.fr
(parnasse)
je est un autre :
www.philophil.com
teamalaide.free.fr/rimbaud/je_est_un_autre.htm
arthurrimbaud.xooit.net
la lettre du voyant :
www. Rimbaudhtml. Freesurf.fr
www. Ac-grenoble.fr/rimbaud/demeny1.htm
abardel.free.fr/petite_anthologie/lettre_du_voyant.htm
www. Poètes.com/rimbaud/voyant.htm
la commune de Paris :
www. Chez.com/durru/lmichel/
(la commune, la naissance, le gouvernement de Paris, les communards, une société nouvelle, la commune combattante)
fr.wikipédia.org/wiki/commune_de_paris_(1871)
Rimbaud, biographie :
www.ac-grenoble.fr/rimbaud/biogra.htm
www.mag4.net/rimbaud/biographie.html
www.rimbaudhtml.freesurf.fr/histoire
la poésie de Rimbaud :
www. rimbaudhtml.freesurf.fr/poemes/poemes.html
www. mag4.net (textes : soleil et chair, le dormeur du val)
abardel. Free.fr/hypotextes/pleine_mer.htm
glossaire :
abardel.free.fr/ glossaire_stylistique/00_glossaire.htm
Annexes :
La lettre du voyant envoyée à Paul Demeny
Le bateau ivre + analyse (sur la même feuille)
Arthur RIMBAUD.
BIOGRAPHIE
Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville dans les Ardennes. Son père est capitaine d’infanterie, il est en mission la plupart du temps et Arthur ne le connaîtra que peu. Sa mère, Vitalie Cuif est la fille de petits propriétaires, elle a un goût inné pour l’autorité.
Il a un frère, Frédéric et deux sœurs, Vitalie et Isabelle.
Elève brillant, le jeune Rimbaud compose des vers latins, il obtiendra le premier prix du concours académique pour « Juguntha ».
En 1869, il compose son premier poème : « les étrennes des orphelins ». Un an plus tard, en rhétorique, il se lie d’amitié avec son professeur, Georges Izambard qui lui fait découvrir Rabelais, Victor Hugo ou encore Théodore de Banville.
Rimbaud envoie ses premiers poèmes «sensations », «ophélie » et «soleil et chair » à Théodore de Banville avec l’espoir d’être publié dans «le parnasse contemporain » mais ses envois resteront sans réponse.
Ensuite, il fait une fugue à Paris. Suite à celle-ci, il est incarcéré. Il fait appel à Izambard. Il passe quelques temps à Douai chez les sœurs Gindre, des amies de la famille Izambard. Mais sa mère exige son retour à Charleville.
A peine revenu, il songe déjà à fuir. Il part alors pour Charleroi où il espère devenir journaliste. Il échoue et après un détour par Bruxelles, il revient à Charleville.
Pendant l’hiver 1870-1871, il lit les socialistes français, les historiens et des ouvrages d’occultisme.
En février 1871, il fugue pour la troisième fois. Il part pour Paris et retourne finalement à Charleville.
Le 18mars, Rimbaud apprend avec allégresse l’établissement de la commune de Paris. Il manifeste immédiatement ses sentiments communards : pipe au bec, gouailleur et insolent, il se plaît à crier devant bourgeois et banquiers : « l’ordre est vaincu ! ».
Un doute demeure sur la participation effective de Rimbaud à la commune.
Etait-il à Paris les 23 et 24 mai ? Rien n’est moins sur.
(Note : du 21 au 28mai : la semaine sanglante verra Paris, aux mains des communards, repris par les troupes versaillaises.
21mai : entrée des troupes versaillaises dans Paris
28mai : exécution des défenseurs de la commune de Paris devant le mur des
Fédérés.
Les communards : il s’agit des élus de la Commune de Paris dont nous parlerons plus tard, dans le contexte historique. Ils étaient issus de la petite et de la moyenne bourgeoisie et se retrouvèrent unis dans la Commune, ils s’intéressent davantage aux questions sociales qu’aux problèmes politiques.)
Toujours est-il que les poèmes de Rimbaud expriment sa vive passion communarde :
« Les mains de Jeanne Marie », « Paris se repeuple. »
Les 13 et 15mai, Rimbaud écrit deux lettres capitales.
La première est envoyée à Izambard, il s’en prend au professeur qui roule dans la bonne ornière.
« Pourquoi ? Je veux être un poète et travailler à me rendre voyant. […] Il s’agit d’arriver à l’inconnu par le dérèglement de tous les sens. »
La seconde lettre est adressée à Paul Dumeny, il s’agit de la célèbre lettre du voyant dans laquelle Rimbaud se prononce pour une poésie nouvelle. Il les accompagne des « Poètes de 7ans » et des « pauvres à l’église ».
Il traverse une violente crise d’anticléricalisme et d’antichristianisme. Il devient critique à l’égard du Parnasse comme on le constate dans son poème : « ce qu’on dit du poète à propos de fleur », poème qui se moque habilement des thèmes parnassiens.
Rimbaud rencontre alors un employé aux contributions qui connaît Paul Verlaine et ce même employé lui propose de le mettre en contact avec le poète saturnien.
Rimbaud rédige une longue lettre qu’il accompagne de ses nouveaux poèmes :
« Mes petites amoureuses », «Paris se repeuple », et « Premières communions ».
Verlaine veut faire venir Rimbaud à Paris :
« Venez chère grande âme on vous appelle, on vous attend. » Rimbaud débarque à Paris fin septembre, il loge d’abord chez les beaux-parents de Verlaine. Jugé indésirable, il est obligé de trouver refuge chez des amis de Verlaine.
Rimbaud participe avec Verlaine aux réunions du cercle zutique. Rimbaud collabore à l’Album zutique. Dans ce cercle de poètes parisiens, on peut boire, lire et chanter. Rimbaud fait probablement la découverte du haschisch. Cependant, agressif et maussade, il n’est guère apprécié.
Il sera mis à la porte du cercle.
(Note : cercle Zutique : cercle de poètes fondé par d’anciens membres des vilains bonshommes (club parnassien).
Album Zutique : album dans lequel chaque participant au cercle laisse un message, principalement en vers.)
Nous sommes en 1972.
Rimbaud et Verlaine hantent les cafés du quartier latin et mènent une vie dissolue qui provoque la colère de madame Verlaine.
Elle n’avait que 16ans lorsqu’elle a épousé Verlaine, elle lui a donné un fils un an avant l’arrivée de Rimbaud. Elle demande à Verlaine de renvoyer Rimbaud. Ils partent à Bruxelles. Mathilde vient rechercher son mari et Verlaine rentre à Paris.
Le 4 septembre, ils partent à Londres où ils étudient l’anglais et errent dans la ville. La misère va s’accentuant et Verlaine est tourmenté par la demande de divorce de sa femme. Rimbaud retourne dans les Ardennes et en janvier 1973, il reçoit une lettre de Verlaine où ce dernier dit qu’il se sent mourant de désespoir à Londres. Madame Verlaine mère procure l’argent du voyage à Rimbaud.
Rimbaud arrive à Londres et se consacre à l’étude au British museum, il rentre ensuite à charleville où il commence à rédiger le Livre païen ou le Livre nègre qui deviendra : « une saison en enfer ».
Après un nouveau voyage à Londres, un passage à Bruxelles et une querelle qui faillit coûter la vie à Rimbaud (Verlaine lui tira dessus le 10 juillet 1973, Rimbaud ne fut touché qu’au poignet.), ce dernier quitte Bruxelles et le jour de départ, affolé par la présence douteuse de Verlaine à la gare du midi, il accoste un agent et Verlaine se retrouve condamné à deux ans de prison.
Rimbaud rentre à Charleville et achève « Une saison en enfer ».
En 1974 , Rimbaud se retrouve de nouveau à Londres avec Germain Nouveau qui l’aide à recopier les poèmes d’ « Illuminations ». Rimbaud voyage ensuite en Allemagne, en Suisse et en Italie.
Verlaine en prison essaye de le reconquérir mais il part pour la Hollande en 1975 et signe un engagement de 6ans dans l’armée.
Armée qu’il finira par déserter.
Puis ce ne sont qu’allers et retours entre Charleville et le large.
Le reste de sa vie n’entre désormais plus dans le fait littéraire et nous ne l’aborderons pas ici.
Rimbaud est mort le 10novembre 1891. Il avait 37ans.
Le contexte historique : La commune de Paris.
En juillet 1970, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. Mais il y a une accumulation de défaites militaires en France. Le 4 septembre, la république est proclamée. Le peuple de Paris assiégé par les Allemands à partir du 19 septembre réclame la guerre à outrance alors que le gouvernement n’est nullement décidé à la lutte.
Deux pouvoirs commencent à s’opposer :
_celui de l’état bourgeois
_celui du peuple.
Thiers (le chef du pouvoir exécutif et symbole même de la bourgeoisie) se réfugie à Versailles et donne l’ordre aux troupes de quitter Paris et de s’emparer des canons de la lutte Montmartre. Le même jour, il prend soin d’arrêter Auguste Blanqui. Le 18mars au matin, le peuple s’oppose à la troupe venue chercher les canons et puis rapidement, la troupe sympathise avec le peuple, et le tout Paris s’enflamme d’une même solidarité entre garnison et population.
Deux généraux sont fusillés. C’est le début de l’insurrection. Des élections sont organisées le 26mars : c’est la proclamation de la Commune.
Elle va administrer Paris jusqu’au 20mai, votant des lois d’avant-garde que la république n’a repris que quelques années plus tard :
Droit de vote des femmes.
Interdiction du travail de nuit pour les enfants.
Séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Faite d’une guerre permanente contre les armées Versaillaises, la courte histoire de la Commune est essentiellement composée de nombreux épisodes militaires où les revers sont plus nombreux que les succès.
La Commune fût finalement vaincue pendant la semaine sanglante qui débuta avec l’entrée des troupes versaillaises dans Paris le 21 mai pour s’achever avec les derniers combats au cimetière du Père Lachaise le 28mai.
Il y eut de nombreuses exécutions sommaires.
Thèmes rencontrés dans les poèmes de
Rimbaud.
A. La femme.
Un quart des poèmes du recueil de Rimbaud se rapporte à la femme. Mais parmi ceux-ci, ceux qui chantent la femme sont peu nombreux.
« Première soirée » évoque pourtant le bien être dans la compagnie féminine alors que mes « petites amoureuses » n’est que mépris et haine.
Nous pouvons déceler ici le problème de la relation à la mère froide et autoritaire qu’il avait, comme le traduit « les étrennes des orphelins » qui évoque la frustration affective.
B. Les rapports sociaux et politiques.
De nombreux textes traduisent l’engagement politique de Rimbaud.
« Les affaires » évoque la misère des enfants contemplant le pain superflu des riches. Dans « le forgeron », les ouvriers apparaissent comme des héros. Il fait de la peinture sociale avec « les douaniers » qui dénonce l’ordre établi ou encore les dirigeants dans les « rages de César ».
C. Les réflexions morales et religieuses.
Il s’agit généralement d’une condamnation. Dans « les premières communions », il condamne les méfaits de la religion chrétienne qui transforme selon lui, « l’élan d’amour en pseudo-amour mystique », ressenti comme une déviation des instincts.
Il condamne aussi la guerre dans « le dormeur du Val », « le chant du guerrier parisien » ou « les Carloux » .
D. La composante autobiographique.
Quelques textes mettent Rimbaud directement en scène : « Le bateau ivre » , symbolise l’errance du poète, l’image de sa destinée, sa libération.
« Les poètes de 7ans », annonce « le bateau ivre » . Il regroupe les thèmes majeurs de son œuvre comme les rêves de liberté, la sensualité mal assumée, la haine de dieu, l’amour des ouvriers.
E. Le regret.
Dans ses premiers textes, le passé est récurrent. C’est l’époque où la tendresse existait encore comme dans « les étrennes des orphelins », où on faisait la révolution comme dans « le forgeron », où le contact avec la nature avait préservé la grandeur de l’homme comme dans « soleil et chair ».
Au moment où il regrette une époque révolue, il trouve en lui un futur qu’il ne peut concevoir que comme un retour au passé.
Il regrette la mère et la tendresse.
F. La haine.
Il n’y a qu’un pas entre la haine et le mépris et Rimbaud le franchit. Il ne déteste jamais ouvertement sa mère mais passe rapidement de la dissimulation de ses frustrations à l’affichage d’une haine étendue à toutes les femmes. Il parle de premières répugnances qui marquent son évolution vers le réalisme. Il condamne l’amour dans son avatar féminin dans « les superbes de Nina ».
Après avoir condamné la femme, il passe à la condamnation de la société rendue responsable de la condition de celle-ci et en tête de la société, il place la religion.
Le catholicisme apparaît à Rimbaud comme la déviation des instincts donc comme un asservissement. La haine implique des blasphèmes les plus violents, on peut parler d’anticléricalisme.
G. L’espoir et La révolte.
Son espoir en une nouvelle vie est bien lié à la révolte contre une société déchue, étouffante. La valeur fondamentale de cette nouvelle vie est l’amour universel, l’amour s’oppose à la religion et se trouve dans la nature comme le montre : « les premières communions ».
La révolution : passage du besoin personnel d’amour à l’alliance avec les travailleurs qui transparaît déjà dans « le forgeron ». le thème ouvriériste s’oppose à la religion.
On ne peut pourtant pas dire que Rimbaud soit un socialiste, il serait davantage un contestataire.
Se révolter, c’est affirmer que l’on est différent et qu’il existe autre chose. Il doit s’en justifier en s’assignant un but : l’appel à un bouleversement politique et surtout à un autre univers où régnerait l’amour.
H. La quête de l’inconnu.
« Car il arrive à l’inconnu ! Puisqu’il a cultivé une âme déjà plus riche qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu. »
Il veut se revitaliser, retrouver le vrai sens de la vie. Sa quête se fait hors des normes morales.
I. Les lieux.
Il peint des tableaux naturels comme dans « sensations ». Il y a aussi des poèmes consacrés à l’intérieur d’un bâtiment comme dans « cabaret vert ».
J. Les aspects littéraires.
Il fait des poèmes proches d’un art poétique. « ce qu’on dit de poète à propos de fleurs », « voyelles », apparaissent comme une dissection du langage poétique. Il y a des personnages qui proviennent d’autres œuvres comme dans « Ophélie » ou du « Châtiment de Tartufe », il y a parfois des reconstitutions comme dans le « Bal des pendus » ( dont un des parrains est François Villon).
L’univers de Rimbaud.
A. Sa province natale.
Grâce à Charleville, aussi méprisée soit-elle, Rimbaud se définit par rapport à la laideur et à la sottise de la convention, il veut se poser en contestataire et éprouver la supériorité de ses propres aspirations.
Cependant, cet éloignement ne se fait pas dans la froideur, la province garde son poids, provoquant dégoût et colère. Elle est rebaptisée Charlestown par Rimbaud.
B. Paris.
Paris attire Rimbaud, elle est le lieu de ses premières fugues. C’est d’abord le Paris historique et politique, ensuite le Paris de la liberté opprimée.
C. La nature.
La nature est rarement évoquée de façon réaliste, mais il s’agit plutôt d’une nature reconstruite intellectuellement par Rimbaud. Il y trouve un réconfort artificiel qui réclame le désir. La nature comme lieu de passage devient détentrice de libertés et régénératrice parce que le poète y exerce son errance.
Il y a donc une assimilation entre amour et nature. Il y trouve donc amour et liberté au moment où le jeune Rimbaud éprouve ses premières difficultés à rencontrer cela parmi les hommes.
D. L’ailleurs.
Il est en recherche d’un ailleurs, il abandonnera la nature pour créer à coup de formes, de couleurs et d’images, un autre univers.
Le monde imaginaire de Rimbaud.
A. Les lieux et les refuges.
Trop tôt adulte et trop longtemps petit enfant, il développe de nombreuses images de régressions infantiles comme dans « les poètes de 7ans ».
B. L’errance.
« Et j’irai bien loin comme un bohémien… »
Il y a un désir de fuite perpétuelle mais il revient toujours au lieu qu’il a fuit, l’essentiel c’est de partir. Il y a un paradoxe avec le besoin de refuge. Il est symbolisé par « le bateau ivre ».
Il y a une synthèse du voyage et de l’errance, l’accent est mis sur le mouvement. Ce bateau sans gouvernail est le symbole de la liberté, il dérive.
On ne peut dissocier cette course folle de l’entreprise du voyant. La mer peut représenter le langage poétique comme moyen d’accéder à l’inconnu.
C. L’or, la lumière et le feu.
Toujours dans « le bateau ivre », on trouve une théorie de l’or associée à l’inconnu. Le doute plane déjà sur la possibilité de l’atteindre. Le plus souvent, l’or est placé au-dessus du poète et il ne peut l’atteindre. L’or peut symboliser :
- l’inaccessible
- le bonheur inaccessible
- la connaissance inaccessible.
La quête de la connaissance inaccessible s’appuie sur l’image de lumière, il oppose les lumières à l’obscurantisme. Il veut dépasser la nuit pour accéder à la vraie vie. Il y a des illuminations dans « le bateau ivre », cela évoque plutôt l’effort pour voir, les tentatives du voyant.
Rimbaud et la littérature.
A. Le Parnasse.
Dès ses premiers textes, Rimbaud cherche à être reconnu par les parnassiens qui recherchent l’art pour l’art. Il se détachera rapidement d’eux avec « ce qu’on dit au poète à propos des fleurs ».
Les parnassiens opposent un souci d’impersonnalité qui leur fait fuir les facilités du lyrisme et, à travers leurs métaphores constamment empruntées au domaine de la sculpture, prôner le culte du travail poétique.
Loin de l’engagement social des romantiques, ils se prononcent pour une retraite hautaine, tout entière vouée à la célébration d’une beauté divinisée.
Ces tendances se prolongeront dans le symbolisme.
Thèmes du Parnasse :
- le beau (images et symboles sont utilisés)
- l’art pour l’art ( refus de l’engagement du poète dans les luttes sociales de son temps et rêve d’une utilité plus haute qui ne doivent rien au besoin immédiat).
- L’impersonnalité ( contre l’épanchement lyrique des romantiques, culte de la distance et de l’objectivité).
B. le symbolisme.
Pour le symboliste, qui prône un individualisme forcené, la vie intérieure est le seul chemin d’accès aux mystères de l’être. Il ne se soumet pas à la société mais il est l’esclave de lui-même : à travers son œuvre, l’artiste tente de révéler les zones cachées de l’esprit, de matérialiser les rêves, les pulsions inconscientes, les automatismes psychiques et les réflexes.
Rimbaud ne recherchait pas une langue poétique riche en symbole : il mesurait l’insuffisance des symboles, c’est pourquoi son œuvre tend à un appauvrissement de la métaphore jusqu’à se transformer en une sorte de biographie de l’esprit.
Il cherche à saisir le concept abstrait qui motive l’image poétique : mais il se heurte à la frontière de son art.
Bien que le mouvement symboliste soit apparu en 1886 lorsque paraît le manifeste du symbolisme de Jean Moréas, celui-ci ne fait qu’entériner une évolution littéraire qui a déjà eu lieu : cette révolution littéraire de 1886 apparaît comme le contre coup d’un mouvement plus profond qui a amorcé une rupture dès la décennie 1870 avec le naturalisme et le parnasse et qui a métamorphosé la sensibilité poétique et la conscience du fait littéraire.
Les principaux « phares » du symbolisme appartiennent donc à des générations nettement antérieures :
-Baudelaire
-Verlaine
-Rimbaud
-Mallarmé
tendances poétiques :
- l’esprit décadent : le pessimisme est à la mode et les recueils de poèmes tels que ceux de Verlaine ont multiplié les mélancolies insaisissables.
- L’impressionnisme : a appris à suggérer plutôt qu’à offrir, le lecteur devra deviner tout seul.
- Les vers libristes : ont libéré le vers des entraves prosodiques. La prose poétique de Rimbaud et de Mallarmé a joué un rôle décisif dans l’assouplissement du nouveau langage poétique.
- La « volonté de reprendre à la musique son bien » : domine ce renouveau poétique dont le credo pourrait être l’art poétique de Verlaine « de la musique avant toute chose ».
C. Son apport à la poésie.
L’écriture de Rimbaud donne l’exemple universel d’une expérience des limites, chacun ayant au cours de son existence ressenti cette période que le poète maudit, larguant les amarres, pousse à son comble alors que l’homme se contente de l’abriter frileusement sous le masque social.
Rimbaud a aussi inventé une nouvelle langue, comme il le souhaitait : « l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant (cf. lettre du voyant (annexe))
Pas de description minutieuse : une forme, une violence charnelle dans la couleur éclatante. Par ses visions, les êtres, les objets s’animent et s’unissent dans la vie de l’image.
Ce nouveau verbe poétique a fait sauter les normes de la civilisation et de la détermination sociale. (cf. Art poétique)
Avec lui, la poésie a la couleur de la musique et de la peinture, le mouvement de la danse et du rêve. Il souhaitait que d’ « horribles travailleurs » lui succèdent.
Et ils sont venus les Jarry, les Artaud, les Vitrac et tous les surréalistes, sans oublier les poètes du grand jeu comme René Daumal et Henri Michaux. Comme « le bateau ivre », ils ont plongé au fond de l’inconnu, ouvrant la voie à la poésie contemporaine.
Correspondance de Rimbaud.
Ces lettres éclairent la démarche poétique de Rimbaud, notamment les deux lettres adressées à Théodore de Banville, dans la première on découvre un Rimbaud humble et admiratif envers son aîné, la deuxième est déjà beaucoup plus impertinente et témoigne du désir de Rimbaud de se détacher des formes poétiques académiques.
Mais les deux lettres les plus importantes sont les lettres dites du voyant adressées à Izambard et Demeny dans lesquelles Rimbaud fait part de son « programme poétique ».
La lettre du voyant
À lire en annexe
A. contexte.
A la mi-mai 1871, en liaison avec l’ébranlement social, Rimbaud définit une nouvelle méthode et un nouvel objectif à la poésie dans les deux lettres du voyant.
La poésie doit être placée en avant de l’action, le nouvel objectif est la voyance, la nouvelle méthode : un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens en « une ineffable fortune où le poète a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit et le suprême savant. »
Les poètes doivent rechercher l’inconnu.
B. Baudelaire
Pour lui, Baudelaire est le premier voyant, le roi des poètes, dans la lettre du voyant, il fait une allusion au poème : « correspondances » où les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
« cette langue sera l’âme pour l’âme, résumant tout : parfums, sons, couleurs, … » mais il nuance la réussite de Baudelaire, il avait préssenti la véritable langue fondée sur les mélanges de sensations, mais il a échoué pour n’avoir pas vraiment remué les vieilles formes.
Par ailleurs l’objectif final de la voyance : établir une société meilleure reste absent de la pensée Baudelairienne.
C. La poésie objective.
Dans les lettres du voyant, il prétend plutôt s’opposer à la tradition plutôt que de s’y situer.
Pour lui, Lamartine est quelque fois voyant mais reste étranglé par la forme vieille.
(note : Lamartine : 1790-1869 : poète romantique, le vers est pour lui une musique)
Hugo, trop cabochard, a bien du vu dans ses derniers volumes.
Votre poésie sera toujours horriblement fadasse, écrit-il à Izambard. Il faut donc passer à la poésie objective.
Elle n’idéalisera plus, elle connaîtra les monstruosités qui permettront d’arriver à l’inconnu, il faut donc une peinture réaliste du moi et du monde moderne.
Il se situe comme le premier poète véritablement conscient de son rôle.
D. Le langage poétique de Rimbaud.
1. Le vocabulaire.
Les lettres du voyant sont accompagnées de 4 poèmes qui provoquent une rupture sur le plan du vocabulaire, il y a des néologismes, des termes savants, des expressions vulgaires et des emprunts régionaux.
Cette évolution est liée aux nouvelles théories. La langue se plie à la recherche de l’inconnu et au recours à l’insolite. On peut noter l’importance des adjectifs de couleurs.
(Note : néologisme : Le néologisme est le fait, pour un écrivain, d'inventer un mot.
Ex:
«O flots abracadabrantesques,Prenez mon cœur qu'il soit sauvé (...) »
Rimbaud utilise ici un mot qu'il a inventé, et qui n'est sûrement pas dans le dictionnaire ! C'est donc un néologisme.)
2. L’alchimie du verbe.
Le rôle du langage est défini, dans la lettre du voyant, il s’agit de trouver une langue :
« du reste, toute parole étant idée, le temps d’un langage universel viendra ! Il faut être académicien, plus mort qu’un fossile pour faire un dictionnaire de quelque langue que ce soit. Cette langue sera de l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. »
Le nouveau verbe permettra de trouver l’ailleurs et de le partager avec l’univers ainsi reconstruit. Le vocabulaire doit lui-même être déréglé, sortir de la norme.
Ainsi, le pacte en possession d’une méthode. Le dérèglement de tous les sens, par l’alcool, le haschisch et la débauche qui en modifiant une sensibilité modifiée chez les autres par les conventions sociales doit permettre la vision, c’est-à-dire la découverte d’un univers plus vrai.
Son instrument sera la langue, elle doit être renouvelée, elle doit échapper aux pesanteurs de son emploi traditionnel.
3. Vers une poésie non versifiée.
Le problème présente moins d’intérêt que celui de la langue. Son évolution vers la prose se fera lentement. Il se dirigera vers une poésie spécifique qui se dispensera de ces signes trop artificiels comme le sont la rime, la césure, le compte des syllabes.
4. La dislocation de la phrase.
Il y a un refus de structures syntaxiques traditionnelles : le poète veut recréer ses hallucinations par une série de touches successives. Il y a une tendance à l’accumulation qui mène à la négation de la phrase structurée.
Lien entre « la lettre du voyant » et « le bateau ivre » :
« je est un autre »
« Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon et Nargue aux inconscients, qui ergotent sur ce qu’ils ignorent tout à fait. »
A. Introduction.
Je est un autre : proposition qui forme un paradoxe.
Le pronom qui désigne celui qui parle, celui que nous croyons le mieux connaître serait, à en croire Rimbaud, un autre.
Qu’importe les questions qu’on se pose, le sujet n’est jamais, selon lui, identique à lui-même. Il n’existe dans le mouvement qui le fait différer de soi : il se transforme constamment.
La métaphore qui suit cette formule permet d’en préciser le sens. Du violon au bois, il y a toute la différence qui sépare l’instrument du matériau brut. La transformation du bois renvoie à celle du sujet appelé à devenir autre et à s’enrichir de cette aventure. Voilà ce qu’ignorent les inconscients que les promesses de cette métaphore laissent de marbre et qui préfèrent s’en tenir à la logique de l’identité.
Conclusion : la formule est paradoxale et même contradictoire puisqu’elle identifie le sujet, le moi, le pôle d’identité de la personne avec son contraire « un autre », indéfini et étranger.
(autre interprétation : la formule oppose une autre conception du sujet, plus simple, où le je s’apparaît comme responsable de ses actions et où il parle de lui à la première personne en assumant ses décisions.)
B. « Le bateau ivre » (cf. annexe).
1. je est un autre et la première partie du poème.
La métaphore du moi du poète présenté comme un bateau ivre peut apparaître comme un commentaire de la formule « Je est un autre ». L'aventure d'un vaisseau lancé à travers l'océan vers un monde inconnu devient un symbole de l'aventure poétique dans laquelle le sujet se fait « autre »en se libérant de la représentation conventionnelle de soi.
D'ailleurs la première partie du poème ( strophe 1-5) évoque cette libération. La rupture brutale avec le monde terrestre, l'abandon des haleurs aux peaux rouges qui les supplicient, la perte progressive de tout chemin, la course folle puis la danse du bateau, enfin sa purification et sa régénération au contact de la mer, tout, dans ces vers, évoque la joie et le bien-être d'une telle libération.
La dérive du moi, à l'image de celle du bateau est comprise ici comme une chance, une condition de l'aventure, une ouverture à l'imaginaire.
2. les pouvoirs de l’imaginaire.
Strophe 6, la métaphore décrit la mer comme le poème qui la décrit : « Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème de la mer ». Celui-ci ne nomme plus seulement les choses en respectant les conventions, il les suscite dans l'imagination sous un angle imprévu. L'aventure du bateau en pleine mer désigne celle du poète dans les représentations qui s'attachent à la langue.
D'ailleurs la perception de la mer aux strophes 6 et 7 en transforment l'image habituelle par l'usage des synesthésies, le recours à des qualificatifs surprenants, l'accumulation d'attelages et de pluriels poétiques (v.25-28). On assiste moins à la description du réel qu'à sa constante transformation, qu'à son déplacement d'un lieu vers un autre de la pensée. Le poème parle-t-il des couleurs mouvantes de la mer, de la musique des vagues, de la poésie ou de l'amour ? De tout cela sans doute, de façon à ce qu'une dimension du réel renvoie aux autres dans un miroitement incessant.
On le voit si « je est un autre ». La réalité qu'il perçoit est autre elle aussi et ne distingue guère de l'hallucination. Le monde qu'évoque Rimbaud se voit happé dans le vertige des métamorphoses. Or, en quoi ce monde serait-il moins réel que celui que nous avons pris l'habitude de nous représenter dans l'usage conventionnel de la langue.
3. Désenchantement.
Le poème se termine curieusement par un triple désenchantement , le regret de l' « Europe aux anciens parapets », c'est davantage encore le désir de mourir à la strophe 23, c'est enfin le retours au rêve de l'enfant « plein de tristesses », qui au bord de l'étang, « lâche un bateau frêle comme un papillon de mai ». Pourquoi une telle désillusion ? serait elle le signe que l'aventure du bateau et celle du poète n'ont été qu'un rêve appelé à se dissiper, que les merveilles évoquées n'ont été qu'entrevues ? Probablement. Mais comme le dit Proust, « les vrais paradis sont ceux qu'on a perdus »et il n'y a pas lieu de s'en affliger.
Le bonheur que donne la poésie ne réside pas dans la possession d'un autre monde, il est de rendre supportable celui-ci en nous donnant l'idée de ce qu'il pourrait être.
5. Conclusion.
Ce que promet le poème, par-delà les images qu'il suscite, c'est lui-même. Il risque certes de décevoir notre attente d'un autre monde, mais en même temps il est capable de nous enchanter.
D'ailleurs, ce qu'il donne n'est pas vain : c'est l'assurance que le sujet peut se dépasser et agrandir l'image qu'il se fait des choses qui l'entourent, qu'il peut « devenir autre », imaginer d'autres usages possibles de la langue et du monde qu'il hérite.
C'est somme toute se souvenir que du bois peut naître un violon et que la musique est proche de nous en toutes circonstances.
Glossaire poétique (quelques termes)
Style
En matière littéraire, le style est la façon d’écrire propre à un auteur, qui rend ses textes reconnaissables.
R : Il y a chez Rimbaud, une rhétorique. C’est-à-dire des procédés caractéristiques, qui reviennent fréquemment sous sa plume.
- Syntaxe particulière : énumération.
- Figures de style particulières : antithèse, allitérations (effets sonores fondés
sur la répétition de consonnes), synesthésie (pour définir une perception).
à brièveté, vivacité, intensité.
Comparaison/métaphore
R : son style comporte un véritable répertoire d’images.
« bateau ivre » : vaste système analogique autour d’une seule métaphore filée.
C’est pour avoir poussé jusqu’à la limite sa pratique de l’analogie, pour l’avoir libérée des chaînes de la logique, que Rimbaud a été célébré comme un novateur par certains poètes qui l’ont précédé ( Claudel et les surréalistes notamment).
Poème en prose
R : il n’a pas inventé le poème en prose mais il est certainement de ceux qui ont le plus contribué, au 19ème, à fonder une modernité poétique qui, au siècle suivant, devait accepter l’idée d’une poésie en prose, à dignité égale avec le vers régulier.
Rythme
Inscription du discours dans le temps.
R :
- Tendance à remplacer la syntaxe logique par la syntaxe nominale.
- Concision
- Refus de la cadence majeure
- Découpage de la phrase de prose en segments rythmiques stables
- Le recherche d’une synthèse entre écriture et oralité
Bibliographie
Ouvrages
XIXème siècle, collection Lagarde et Michard. Bordas
Profil d’une œuvre, poésies (Arthur Rimbaud), Patrick et Lucianna Olivier. Hatier
Arthur Rimbaud, poésies (texte intégral)
Le symbolisme, Jean Nicolas Illiouz. Livre de poche (références)
La littérature française des origines à nos jours, Pierre Brunel et Denis Huisman. Vuibert (guides)
Internet
Vocabulaire (cercle zutique et autres définitions(néologisme)) :
www. mag4.net
www. lettres.net
Les grands courants littéraires :
www.poètes.com
(romantisme, symbolisme, parnasse)
www. site-magister.com
www. herodote.com
fr. wikipédia.org
(symbolisme)
www. lettres. Net
gallica.bnf.fr
(parnasse)
je est un autre :
www.philophil.com
teamalaide.free.fr/rimbaud/je_est_un_autre.htm
arthurrimbaud.xooit.net
la lettre du voyant :
www. Rimbaudhtml. Freesurf.fr
www. Ac-grenoble.fr/rimbaud/demeny1.htm
abardel.free.fr/petite_anthologie/lettre_du_voyant.htm
www. Poètes.com/rimbaud/voyant.htm
la commune de Paris :
www. Chez.com/durru/lmichel/
(la commune, la naissance, le gouvernement de Paris, les communards, une société nouvelle, la commune combattante)
fr.wikipédia.org/wiki/commune_de_paris_(1871)
Rimbaud, biographie :
www.ac-grenoble.fr/rimbaud/biogra.htm
www.mag4.net/rimbaud/biographie.html
www.rimbaudhtml.freesurf.fr/histoire
la poésie de Rimbaud :
www. rimbaudhtml.freesurf.fr/poemes/poemes.html
www. mag4.net (textes : soleil et chair, le dormeur du val)
abardel. Free.fr/hypotextes/pleine_mer.htm
glossaire :
abardel.free.fr/ glossaire_stylistique/00_glossaire.htm
Annexes :
La lettre du voyant envoyée à Paul Demeny
Le bateau ivre + analyse (sur la même feuille)
jeudi 10 janvier 2008
Poésie
"Dès que la main a perdu ses ailes, c'est comme si elle n'avait jamais volé, sinon le temps d'une illusion." Bernard Noël.
mercredi 9 janvier 2008
miamiam
Je suis née en l'an de grâce 1985 à Bruxelles, la Belle. Je ne me souviens plus de rien mis à part de mon gout prononcé pour le pseudo (je ne dors jamais vraiment)pieutage solide (y'avait rien à voir chez moi, une mère malade qui me le perturbait vachement dailleurs, mon sommeil et un père pas là). Je me suis totalement réconciliée avec mes deux frères (ces gros connards qui me molestent sans cesse, quelle bassesse) quand ils ont commencé à comprendre que chez nous c'était l'enfer hypocrite wèwè on s'éclate comme des méga bètes mon cul avec. Je ne peux pas critiquer mon cocon familial car malgré la pourriture ambiante dissimulée, il m'a apporté beaucoup de choses comme par exemple, la dérision (l'auto et le reste)et le sentiment de justice exhacerbé. Et puis, pendant des années j'ai cru que l'amour c'était vrai. De mon père: je tiens l'humour, le goût des voyages, le rouspettage constant, l'amour de la solitude et les yeux tristes quand je ne parle pas. De ma mère, malheureusement, je suppose mon hypersensibilité et cet amour inconditionnel des autres (et j'oublie, la super faculté à mettre mes deux pieds derrière ma tête (super pratique pour ronger ses ongles dans le bain)). J'adore par dessus tout rire avec les autres et pleurer toute seule. J'adore médire aussi. Parfois avec les gens que j'aime je suis un monstre, j'avoue. Je n'ai jamais réussi à garder des amis très longtemps dans ma vie, probablement parce que je suis une connasse. Alors, j'ai foiré pas mal mes études, je continue à foirer pas mal, mais c'est à cause de mon incapacité à gérer mes émotions (bref en gros, c'est ma faute). Je n'aspire qu'à une chose : faire le tour de l'Amérique du sud à pieds. J'aime beaucoup toucher à tout et regarder partout. J'aime bien que l'on me pose des questions sur moi parce que j'aime pas prendre l'initiative de raconter. Putain, 22 lignes : quel égocentrisme. \o/ J'aime bien inventer des nouveaux mots, peut-être qu'un jour je ferais un dictionnaire avec mes néollogismes personnels. Je trouve qu'il n'y a rien de plus flippant que le temps qui passe et ressasse. Dailleurs, j'en ai fait une analyse très poussée et je suis persuadée : que nous ne sommes pas seuls dans l'univers (tadadaaaam). bref, le temps c'est un connard : quand t'es bien ça passe trop vite, quand tu te fais chier il avance pas. J'aime bien les gens qui sont bon public (entendez: ceux qui se marrent quand je parle), je passe vraiment de succulents moments en leur compagnie. J'aime bien aussi les gens qui savent d'un coup qui je suis en vérité. Ca m'rassure. Mais ça arrive pas souvent. Pendant un long moment, j'ai cru que j'étais la réincarnation de Rimbaud, mais en fait,nan. Tout ça pour dire que j'adore la poésie. Surtout Aragon, je suis amoureuse de lui en secret. Au risque de paraitre pour une romantique de merde (une fille quoi), il n'y a pour moi rien de plus fabuleux que (le destin d'Amélie Poulain, ah non merde) qu'un ciel étoilé (avec des vrais étoiles dedans, un pas tout pollué par les lumières du monde artificiel (ouuuuw la hippie)). Il n'y a que face à cette beauté que je me sens minuscule. J'aurais voulu vivre plus loin dans les générations afin de connaitre l'évolution complète de la conquête de l'espace, mais malheureusement, je ne me souviendrais plus de cette vie-ci dans les autres et donc pas de délices. Mais des vices, certes. Pour combler à mon manque horrible à ce niveau, je me suis payée un super telescopemégapuissantquimarchepas quand j'avais 12ans et depuis, il récolte la poussière dans un coin de ma chambre (à côté de ma guitare et de l'aquarium (ouais je ne poursuis pas mes passions)). Après, j'ai plutot gardé mon fric pour aller me murger dans des endroits de débauche. Ca endort plus qu'un ciel étoilé. Pour l'instant, il est 18H08 et je m'ennuie fortement en écoutant "over the rainbow" et alors évidemment, je fais des bruits de voitures avec ma bouche. J'aime bien raconter des histoires aux gens en y ajoutant moults détails hillarants et en mimant, ma collègue trouve dailleurs que "je raconte vachement bien." Je me souviens de l'époque où j'étais au patro (un sombre endroit où on vous apprend à boire si c'est pas déjà inné de base) et où je dansais sur les tables pour que les gens me paient des bières. Ca marchait super bien. Maintenant, j'ai plus 15ans donc si je prend pas une bite dans le cul je peux aller me faire fouttre. Mais c'est pas grave, j'ai trouvé un boulot super exploitant qui me paie presque tous mes écarts à la vie de sainte nitouche. Bref, pour 7 euros de l'heure après 6 ans, ce job de mandaï est le pénis que je me prend tous les samedis (ahah je me plainds c'est super). Tellement jouissif. Au moins ce genre de travail, ça t'aide à faire des études pour pas y passer les quarantes prochaines années. Enfin, maintenant tous les clients même les pas habitués savent qui je suis et ils ont même parfois peur de moi (Ca aussi, c'est jouissif) parce que "j'ai mon petit caractère" (bref, je suis pas ta boniche et ça t'étonne). Il y a un truc que je ne supporte pas (entre autre) c'est parler au téléphone. C'est stressant. Je préfère de loin milles sms langoureux et passionnés qu'un "A l'eau Carole kestufè blablablablabla". Enfin on s'en fout vu que personne ici n'a mon numéro (mis à part quelques petits privilégiés ouwouuuw). Maintenant il est 18H27 et mon frère est en train de se faire overchoquer par ma mère. Tellement que j'entends plus ce superbe morceau de Nancy Sinatra. IL me reste 1947 caractères et je compte bien tout dépenser avant d'aller vaquer à des occupations plus interressantes (dormir, manger, me marrer toussa quoi). Je passe beaucoup de temps à réflechir et j'ai un don : je peux voir le ciel à travers les murs. Sinon, j'aime beaucoup boire du lait mais je préfererais que tu m'offres une maredsous 10 (parce qu'elle maredsous aucun prétexte). Mais là je plaisante bien sur, j'ai un salaire, je peux me payer tous les verres que je veux (adieu ô bites dans le trou). Tout ça pour dire que je n'aime pas être une assistée. Sans pour autant détester la galanterie (bande de goujats). J'aime bien jouer à des jeux comme par exemple (j'adore dire "comme par exemple") : jouer au schizophrène, le cacamou autour de la table du salon, jouer au théatre avec mes frères,... Enfin, tout est mis en place pour pas que je m'ennuie. J'adore faire les choses par défi (tousa pour dire que je suis une putasse d'orgueilleuse) et je déteste mais alors par dessus tout jouer à des jeux de cartes ou de société parce que je déteste perdre. Alors je suis obligée de me mettre quelqu'un dans la poche pour tricher sans scrupule, mais là encore, la victoire reste amère parce que je n'ai pas gagné toute seule (mais je préfère tricher à deux, c'est beaucoup plus marrant). Alors généralement, quand quelqu'un propose de "jouer"(hahaha) je passe pour une rabat joie parce que "j'ai pas envie, j'aime pas." (Alors que maintenant vous n'êtes plus censés ignorer la vérité). J'aime bien quand Vinc" m'appelle "de beste poepekje van onze plug" mais j'aime pas quand toi, tu ne m'appelles pas. J'aime bien quand Selvie et moi on va quelque part en voiture. Et par dessous tout, j'adore mutchatcho mon superchat (Kawazaki peut aller se faire foutre, à cause de lui Awimboé est parti et mon coeur est brisé).
Extrait Fiche parano.
Extrait Fiche parano.
dimanche 6 janvier 2008
avec le tien, comme il bat l'angle
Il y a peu être un jour où l’on renait. Un jour comme celui-ci où les couleurs semblent plus vives. Une ivresse débordante au seuil d’un crépuscule inachevé. Alors le temps s’arrête et l’eau même cesse de couler. Il n’y a qu’une lueur qui n’est pas un tout mais un chemin. Et dans les jardins, on entend les rires des oiseaux se mélangeant aux chants des enfants. Même en hiver, surtout en hiver. Les passants passent, trainassent et trépassent. Ils ne savent pas. Ils ne cherchent pas. Mais il n’y a rien à trouver, et trouver rien, c’est peut-être chercher tout. Alors, on quitte ses passions, on en redécouvre des neuves. On arrondit un peu les angles pour faire comme si… comme s’il ne pleuvait plus sur nos vies, comme si le monde autour s’était rendormi pour une durée illimitée. Je n’ai plus peur, de ce qu’il pourrait arriver de pire. Lorsque j’entre seule dans mon sommeil ou lor.sque les larmes se font amères de colère. Rester inadaptée, les yeux émerveillés. J’ai peur d’aller bien, de sourire en exprès, je dépenser ma confiance partout sans réfléchir.
Je crois encore que le monde va se réveiller demain sans moi.
Et c'est triste.
Je crois encore que le monde va se réveiller demain sans moi.
Et c'est triste.
samedi 5 janvier 2008
Rimbaud Arthur
Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue:
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien:
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature,-heureux comme avec une femme.
Poésies.
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