Ce soir, c'est jeudi : jour de sortie.
Je me demande ce que je vais encore foirer aujourd'hui.
J'ai envie de chialer.
Une party sert à démontrer une chose: je suis un être instable, je vais me saouler et avoir besoin de bras pour remplir mon esprit de solitude. Doux paradoxe.
Et demain, tout redeviendra pareil à aujourd'hui, à hier. Je me réveillerai, j'aurai mal à la tête.
je ferai des renvois (et oui une fille ça rote) de bière (quoi? de la bière?!), je tournerai la tête et peut être que je verrai ma table de nuit, peut être une tête inconnue.
Ca me lourde. Evidemment certains diront : "ben si t'aime pas ça t'as qu'à pas le faire."
Ouais, ta gueule dabord. Fastoche à dire ensuite. Moi aussi je me le dis. Tous les avant-soirées.
Et pourtant je ne m'autoconvainc pas.
Ma quête reprend là où je l'avais laissée. Super.
Une quête de quoi? Une quête inutile, destinée à ne jamais abouttir.
Une chimère.
Je pleure après le marchand d'oubli.
J'aimerai me faire pour une fois architecte, construire quelque chose qui n'est pas sombre,
quelque chose d'abouti, quelque chose de lumineux.
Mais je n'y arriverai pas. Non que je sois pessimiste, ça non. Le problème est que je n'en suis pas capable. Et que je ne suis pas convaincante. J'ai eu beau embaucher des ouvriers pour accoucher les travaux. Ils ont tous déserté le chantier. Allons, trop chaud, pas assez d'eau. Trop froid, pas de chauffage électrique. Je suis la directrice d'un projet minable qui ne séduit personne.
Je devrais me réjouir. Je ris mais jaune. C'est mon espoir, ma raison d'être.
Si je termine, je serai malheureuse. Mais ne le suis-je pas déjà depuis trop longtemps?
Pourtant le terrain reste vide.
J'allume un feu et attends un guitariste.
L'attente commence, la recherche se pauffine. Mon dévolu se voile.
Ne pas chercher là où je sais trouver. Là réside le noeud de mes soucis.
Un jour, quelqu'un a enfoncé un dard en moi et à tout sucé. J'ai oublié, maman, qu'il fallait me nourir aussi.
Je ne peux me résoudre à ne partager mes envies qu'avec moi-même.
ON SE FAIT CHIER A DEUX MERDE.
J'ai besoin de parler. Mon propre silence m'oppresse. Si je vais au musée tout seule, cela ne sera pas pareil. Parce que je n'aurai rien partagé. J'adore la culture mais seule elle ne m'interresse pas.
Je vais dans le boudoir, m'allume une clope et attends le peintre qui jamais ne vient.
Quand j'étais une jeune adolescente, j'ai passé des soirées à attendre des choses aimées.
Jeune adulte, je me réveille ensoleillée, je vais sur ma terrasse avec ma tasse de café et j'attends les silouettes hostiles, amies, neutres, je m'en moque.
Mais rien.
Qui? Qui? Pourquoi?
Sommes-nous condamnés?
Je me rends compte que je n'ai jamais fait autre chose qu'errer.
Qui suis-je? Y a-t-il d'autres qui souffrent ainsi? Qui pense à elle, suprême, chaque matin.
Ta douceur dans ma bouche ne fait qu'enfler au fur et à mesure que le sablier se désempli.
Je ne peux pas ma résoudre.
Elle a envie de mourir, elle a envie de vivre.
Chaude, froide, dure, molle, sombre, lumineuse.
Il n'y a pas d'alternative, il n'y a pas de répis.
Jamais.
Donc, la soirée.
Petit bar sympa, téquila.
1,2,...10.
Après, ma faille pourra rester béante à souhaits. Auto humiliation.
Des-tructions.
Je vais me contenter d'un minable qui voudra absolument me revoir parce que ma tête lui rappelera un truc naze. Me revoir? Hein? Non. Ca non, ohoh.
c'est autre chose que je veux être. Autre chose qu'un simple gibier. Avant d'avoir un cul, j'ai aussi un esprit. Et je ne veux pas d'un minable chasseur. Je veux un esprit libre.
Mais tu ne trouveras jamais !
Peut être, sans doute, surement, d'office. En attendant je ne veux pas être une machine à produire du vide (du vent, limite c'est encore sympa).
Comme j'aimerais être ailleurs. Partout à la fois.
Putain, j'ai tant de trucs dans mon bide à partager, à expulser. Mes émotions cruelles et belles.
La clé du problème, je dois la trouver. Je détruirai ensuite la porte qu'elle ouvre sur mon monde détruit malgré moi, sisi je le jure.
PUTAIN ET Y'A DES CONNARDS QUI SONT HEUREUX. MERDE C'EST PAS JUSTE. MERDE.
MOI J'EN CHIE, ET LUI BAIGNE DANS LA SEREINITE MERDE.
Par écrit je prends un bistouri, un morceau de verre, un cutter et je tranche la gorge sur son pallier. Je le tue avant. Pour qu'il ne puisse pas profiter de ma mort.
QUI DECIDE? MERDE! DESCENDS VIENS QUE JE TE CASSE LA GUEULE.
MERDE MERDE MERDE.
Je chiale, je me noie dans mes larmes salées, je gerbe.
L'air entre et sort de mes poummons à la vitesse de l'éclair. Je ne me brule même pas la langue, je n'explose pas.
J'ai la HAINE.
Je me déteste.
Rhoooo.
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1 commentaire:
C'est agréable de "tomber" par hasard sur un blog de cette nature...
Peut être un peu trop de mélancolie
christian.
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