vendredi 14 décembre 2007

Bouts d'histoire malade.

J'ai appris malgré moi à t'aimer Solitude.
Je t'ai senti battre mes tempes même lorsque le sommeil était trop fort. Je t'ai détestée, je t'ai trahie, je t'ai cachée. Avant de te savourer. Six longues années, surement plus, pour mentir. Les amis sont entrés, ont observé et sont partis. Enfuis ? J'en suis sure. Moi même je ne pense pas que je serais restée, plantée les bras ballants devant quelque chose qui dépasse toutes les raisons.
La première année fut secrète. Personne ne savait, ne voyait, ne voulait. Fermeture des portes. Or, doux paradoxe, je n'étais point seule. Dans ma tête. J'ai mis en route les procédés pour masquer, dissimuler, enjoliver. Ultime découverte : les autres sont naifs, ignorants ou purement aveugles. Je me familiarise avec une nouvelle souffrance : ma substitution n'est pas encore drogue. Mais ça viendra. Je n'oublierai pas l'odeur du sang seché dans les poils.
La seconde fut mi-teintée. Les pleurs ne pouvant plus être dissimulés, les crises se rapprochant les unes des autres, je ne pouvais plus camoufler. Quelques épaules sont passées par là, Débo... Et puis vint l'aveux. Les évènements ont commencé à me dépasser. mais depuis longtemps les limites avaient été franchies. Colère, cris, menaces. Je me ferme. les autres oublient.
L'année d'après fut un recommencement. Nouveaux horizons, nouvelles angoisses. Je cesse d'avancer définitivement. Rire à l'école, faire semblant tout le temps, pleurer dans le sang le soir. Seule avec toi Solitude. Des rencontres, Cindy... La peur nait cette année là, celle de laisser paraitre la vérité. J'ai appris à crever de chaud en été sous des tones de pulls, écharpes, mitaines. Moi j'ai jamais chaud. Je parle en mensonges et en foutaises. Puis les premiers échecs.
Un an plus tard apparait ma principale phobie, ma peur de l'abandon. Les autres sont dépassés par ce qui m'arrive. Ils s'éloignent pour se protéger. Et moi je meurs. Les crises sont là tous les jours. Les crises me pourchassent, m'emprisonnent et je les subis. Et puis Monsieur B me sauve la vie... Je me délie, j'étonne : non, je ne suis pas heureuse. Mais il n'y a plus personne pour m'écouter. Et déjà les chirurgiens me reconnaissent et les séjours en psychatrie me compressent. Mais je résiste, je peux y arriver seule. Mais je n'avance plus.
L'avant dernière année est la plus intense. Mes passions me dévorent. Je m'enfonce dans de fausses relations amoureuses. Je me suicide et reviens à la vie. Et je vois Cécile... C'est l'année des descentes dans le salon. Je crie, je hurle, les bras en sang, le sang partout, dans le salon, dans les yeux de mes parents. Et la ma première volonté enfin exprimée : je veux mourir. Je demande à celle qui m'a donné la vie de me la reprendre. Je deviens un cas aux urgences, je suis fichée. C'est l'année de la souffrance pure. Sans compromis. Mais sur la gueule en larme de ma mère, il y a le mot VIE qui subsiste.
La dernière année est celle qui va se terminer une semaine avant la Saint Valentin. C'est l'année du répis et du gout pour la Solitude. Une simple rupture, puis une simple promesse. Pour dire adieu à mon symptome principal. Mais c'est trop facile. D'autres sont apparus : l'excès dans les illicites, la conduite dangereuse en voiture et l'inconsciance dans un autre domaine qui me fait trop honte. C'est aussi l'année de Selvie...

La petite fille en moi est devenue grande? Je le dis mais j'en doute. Elle pleure toujours en moi, elle me fatigue toujours autant. On prend soin de soi, mais on recommence à s'endormir et après reviennent les illusions.
J'ai dis que je n'oubliais pas cette odeur. Elle vit dans mes narines et sa source baigne dans mes yeux qui se souviennent. Je sais qu'à tout moment, au nom de la passion torturante, je peux replonger. Faire comme avant : me transformer en robot, sortir dans le froid sans pull, les yeux rivés sur le sol mon ami , me rendre au magasin dans le rayon bricolage, prendre le kit de lames de rasoir, le payer, le déballer, le mettre dans mon sac, rentrer les yeux fixes, automatisme jusqu'à l'étage, retrouver l'odeur et la chaleur. Mourir. Puis me réveiller dans le blanc aseptisé et me rendre compte que je n'ai pas cligné des yeux depuis trois heures.
Aujourd'hui que l'on ne me dise plus que je suis responsable. que l'on ne m'ordonne plus de me controler. que l'on ne me traite plus de gamine égoiste et capricieuse. Car TOUT n'a jamais été fait que pour VOUS (en général). Des années entières (et qu'on ne me dise plus que le temps passe vite) à bouffer de la souffrance dans la solitude au milieu de vos corps. A la masquer pour vous éviter la culpabilité qui me rongait. Des années après et pour encore de longs hivers de Solitude, je vais essayer de la contenir car elle ne s'en ira jamais, elle. Ma putain de maladie, je vais vivre avec et je vais mourir avec. Pas la peine d'avoir pour moi pitié ou compassion. Car ce qui a le plus manqué à ma vie fut l'empathie. Pas la peine de regarder mes bras si c'est pour faire une remarque de frustrés écoeurés. Pas la peine, non, d'y fixer le regard si c'est pour en faire un commentaire débile. Mes cicatrices ne sont pas le dégout d'une vie mais le résultat d'une vie passionnée. Il y a là toute la nuance.
Je ne suis pas un monstre, ni une ado en quête d'identité. Et surtout : je ne suis pas sadomaso merci ! Je me suis retrouvée à un moment trop seule sur le chemin, j'ai contemplé trop longtemps des choses que je trouvais injustes dans notre monde "d'hommes" . Tout cela m'a envahie, n'a plus fait qu'un avec moi. Ma souffrance psychique est devenue tellement insupportable que j'ai du avoir recours à des procédés physiques qui auraient du la surpasser. J'ai appris à contrôler mes peurs avec le seul moyen qui fonctionnait. Après c'est devenu une addiction. Il est plus facile de mourir que de vivre. Je me suis endormie. Les jugements ne sont pas les bienvenus car ils ont trop de valeurs pour moi, alors gardez-les. Ne me parlez pas de sport, de yoga ou d'autres conneries saines. J'ai tout fait. Et malgré tout, j'ai toujours aimé la vie et aimé les autres. De mon angoisse sont nés de merveilleux enfants et mes souvenirs, je vous assure, ne sont pas si ternis que cela.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bonjour SmoochPums?

Pour le chat, tu trouveras avec les deux adresses ci dessous il te suffit de copier et de mettre tout le code en bas de page dans "ajouter des éléments à la page". A bientôt ?

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Salty Dog