Lettre à Toi qui est là mais que je ne connais pas encore.
Toi, Lui,
J’ai cherché sur ma route des centaines de fois sinon plus, des flammes et des gorgées qui m’auraient envahie de grâce. Je regrette de ne pouvoir te parler, mais je ne t’ai pas encore rencontré en moi. Pourtant, personne m’a dit qu’un jour, où l’air se fait rare et où les oiseaux volent bas dans les nuages, tu serais là. A mes pieds, à ma tête, à mes rêves, irrités.
Du regard, j’ai fouillé. Des mamelles ensemble et des ensembles en sang. J’aurais posé ma tête sur ton épaule et tu aurais regardé mes cheveux d’un air que je connais bien pour en avoir fantasmé.
Je revois des mains entremêlées dans les silences du soir. Je revois ces larmes qui n’auraient plus eu de raison d’être si Tu avais été là.
Dans ce monde que j’ai construit de mes mains, dans cette sueur que j’ai versée pour t’imaginer devant ma personne. Tu sais, ces choses qu’on ne dit jamais. Je les ai pensées si fort que j’espérais que de ton ailleurs tu les entendes. Ne fut-ce qu’un peu.
Si tu savais, j’ai eu peur de te perdre avant même d’avoir vu mes yeux dans les tiens.
Ces étoiles que tu aimes, je les ai gravées dans mon esprit. Comme cela, si on se croise dans un autre endroit que celui-ci, je les aurais emportées avec moi pour toi.
Si tu savais comme j’ai mal de ta mystérieuse présence dans mon ventre, si tu voyais comme j’ai mal de ce manque que je ne connais pourtant pas.
J’aurais mis ma main blottie dans la tienne et j’aurais dormi mes yeux posés sur toi.
Mais je sais déjà que tu n’arriveras jamais dans mon pays maudit. Dont la clé, je ne sais si elle a un jour existé. J’ai mal au ventre, tu sais, de me languir dans mon refuge. En espérant que tu viennes me sauver. Si un jour tu viens, je te donnerai cette lettre. Tu liras, ces lignes tapées de mes doigts meurtris sur ce clavier avec lequel je pense renaître. Tu comprendras, à quel point je t’ai imaginé vivant, à quel point je t’ai imaginé près de moi. Et tu n’auras pas peur, parce que tu auras déjà compris depuis le temps d’avant notre rencontre que notre ère se réveille du dessous, qu’une route s’ouvre devant nous et que jamais je ne cesserai de faire l’effort d’y rester à tes côtés. Je ne flancherai plus, tu seras cette lueur, qu’on m’avait un jour promise à un coin de vie. Je te promets qu’à chaque occasion que j’ai eue de te rencontrer, m’apercevant d’une erreur humaine, j’ai partagé. Mais sans jamais détourner l’esprit de ton existence et de notre Vie. Un corps pour essai, pour avoir l’âme à toi et pour avoir jour après jour des espoirs et autant de déceptions de te trouver. Parce que je te cherche, dans une odeur, dans un murmure ou dans un geste et même dans les passions et les pensées.
Le matin je me réveille, encore un jour sans tes mains. Un jour de plus à y penser.
Je te promets avoir regardé devant moi, tête haute ; ne te trouvant pas sur le sol. Je te promets des jours avec des soleils mille fois plus intenses que ceux que tu as pu connaître.
Je te promets de revenir te chercher où que tu tombes, même en enfer, même en éthyle, même en illicite. Je te promets des miroirs qui te rendrons tel, enfant et père. Je te promets de partir si tu me le demandes, sans bruits, sans regards et sans larmes parce que tu es cette vie si puissante à laquelle je pourrais renoncer avec dignité. Mais plus jamais alors, je ne saurai être comblée, tant le manque me rongera, tant ton souvenir m’obsèdera. Même si je suis déjà en ce souvenir futur. Je te promets des journées de lutte et de passion, des jours de repos et des nuits de veille inassouvies.
Je ne souhaite qu’une rapide entrée de ta part dans mon existence. Je me diviserai, j’oublierai que j’ai pu être mal et heureuse en même temps.
Je te promets de t’attendre sur le bord du chemin, toutes les secondes de lune et de nuits noires. Ma vie sans toi fut un trou sans fond, avec toi, elle sera lumière et pleine. Tu sauras tout de moi, des montagnes aux monts et merveilles, des gouffres et des rainures sombres et des courses à travers champs.
N’oublie jamais amour que tu es ma plus belle quête, que je resterais assoiffée de toi jusqu’à la fusion à laquelle j’aspire.
Si tu as vu en rêve mes yeux avant même que je te les présente, si tu as senti mon odeur dans ton intérieur, effleuré mes cheveux du bout des doigts avant même d’en avoir su la couleur, alors c’est que tu es Toi et que nous devons unir ce que le destin n’aurait jamais manqué.
J’entends déjà ton soupir faible dans mon oreille, amour, je jure que cette mélodie je ne l’ai pas inventée. Je te présenterai ma famille de chats et ils te reconnaitront aussi. On dira de nous qu’on est né collés, mais qu’importera alors les paroles d’autrui.
Je t’offrirai une place dans ma bulle pour tes repos plus sains. Je la briserai si tes arguments surpassent les miens. Je te perdrai cents fois, milles fois pour te retrouver et accroître ce que mon ventre ressent.
J’aurai des parfums de fleurs dans l’âme et des papillons voleront autour.
Si tu savais comme je t’attends, comme je te souhaite. Perdue sans cela.
Peut être que tu es déjà près de moi, à côté, dans l’ignorance partagée. Peut être… Alors, ces instants partagés dans l’inconnu, me sembleront plus savoureux pour les avoir niés tant de temps. Comme j’aimerais te voir. Déjà sous ma fenêtre. Peut être chanteras tu des odes à mon nom. Tu seras poète, tu seras auteur de mes jours et de leur beauté. Tu seras peintre.
Je vois les couleurs, les saveurs, les nuances. Seras tu enflammé ? Seras tu délicat ? Combleras-tu mon désordre de stabilité ? Je me moque d’un complément ou d’une ressemblance. Je te désire toi, tel quel. Et mon idée peut changer au fil que les jours coulent et découlent dans ma vie, les bases restent les mêmes, les fondements demeurent inchangés. Je sens aussi les frissons qui parcourent mon corps quand je te vois à mes côtés, endormi. Alors mes nuits seront sans sommeil et cette absence sera d’une telle volupté, que rien ne m’en détachera plus. Je dormirai enfin, souriante. Tu seras cette naissance, cette fleur qui éclot grâce à toi, qui fleurira pour toi et avec toi, qui se fanera avec toi, cendres avec toi. Le chemin, jusqu’au bout et même dans les abysses. Tu seras le commencement, l’oubli sera plaisir, rien n’aura de raisons ni le passé, oublié. Ni les souvenirs, de côté. Je te raconterai parfois avec douceur ma vie d’autrefois, et tu feras de même et nos paroles seront bues vice versa comme un bon vin blanc sucré. On critiquera gentiment les gens dans la rue. Riant, aimant. Je vois cette quiétude envahir le monde, et nous bercés par le flot des marrées. Je vois la mer. Montante et descendante, salée ou polluée. Mais je vois la mer avec toi, paradis. Je vais te rencontrer et sortir de ma déprime. Je ne sais quand mais je sais que le jour arrivera. Pardon de mettre du temps à sortir du refuge pour avoir plus de chances. J’espère croiser prochainement ton regard, au détour d’une rue, dans un bar, dans un bois. Je me relèverai et ton regard qui plongera dans le mien avec force me dira que je suis arrivée, que désormais tout ne sera que repos et tout alors, sera gagné.
Alors une histoire sera construite à partir de deux autres dont les ombres s’effaceront, comme une révérence à ce point de départ. Si tu savais comme ma Quête est devenue intense, comme je sens que je me rapproche, que je suis prête à te recevoir dans mon monde de petite fille, où les portes et les bras te sont ouverts à jamais, je te promets calme et volupté, aventures et passions. Les promesses murmurées seront écrites alors, sur nos peaux désirées. Amour sans toi tout est mystère, tu es la réponse à toutes mes questions, l’aboutissement de mes certitudes. Que ceux qui crieront à l’idéalisme s’ensanglantent dans notre bonheur à présent que je ne suis plus seule à le penser. La lassitude n’existera pas non plus, les rêves seront sans cesse renouvelés et exhaussés dans le jardin que je cultiverai pour toi. Ensemble épanoui, ensemble compléments d’identité, saches comme je t’ai fêté en silence tous les crépuscules qui m’ont été offerts. Les étoiles filantes que je te vouais, les beautés naturelles que j’ai retenues dans mon esprit pour te les offrir un jour. Aujourd’hui la vie nous offre une danse, l’ultime danse qui durera le temps de nos envies, je jure les miennes éternelles.
Tu chanteras pour moi des chansons. Je te vois en train de lire mes mots, je ne serai probablement pas à tes côtés, enfuie la petite fille. Ou je serais perdue dans tes pensées, savourant secondes après secondes, délectant cet instant qu’impatiente j’attends. Le regard fuyant, s’échappant timidement.
Je ne volerais plus jamais seule, je serai toujours accrochée à ton petit doigt et on s’envolera ensemble, tu verras amour ce pays imaginaire qui m’a bercée en rêvant.
Tu supporteras mon côté enfant aux caprices délicats, et mes larmes salées ou poivrées n’ouvriront que tes bras sur moi. Pas de courroux amour, jamais, tu comprendras mes peines et mes joies. Tu boiras ma sensibilité qui s’épanouira pour toi, je te vois aimant de mes jours et amants de mes nuits. Je n’aurai jamais la prétention de te posséder mais tu sauras que je suis bien à toi car je ne suis sur cette terre qu’un pantin animé par le désir de te reconnaître, je deviendrai en chair et en sang grâce à toi et peut-être aimerai-je ce même sang qui me vit si lasse de devoir l’écouler sous des meilleurs auspices. Je t’Aime, comme on aime une vie entière parce que, désiré, tu es mon plus savoureux espoir. Je t’imagine et je te parle, la nuit, en voiture, chaque seconde qui me sépare encore et encore de toi.
Je vais t’écrire ces mots avec la flamme que tu entretiens déjà sans le savoir. Tu verras le bien de ma personne, tu sentiras mon cœur battre pour l’humanité entière et nous partagerons ces passions qui me tiennent également en vie. Je t’emmènerai faire le tour du monde, le bon monde, celui dont j’ai rêvé en même temps que toi.
Nous danserons sur cet air que nous connaitrons par cœur pour en avoir inventé la mélodie, je te promets de maitriser les pas avant même de les avoir exécutés.
Mes silences seront fruités, pour te rassasier, je te jure amour, que je ne calculerai rien, ne sentirai rien que je pourrais prévoir, parce que ça sera bien.
Avec Toi et parce qu’avant toi, le vide n’avait pas de sens. Je remplirai les trous de mes rires, je réaliserai tes vœux car ils seront pareils aux miens. Je t’ouvrirai les voies de la renaissance, je construirai des ponts pour toi passer au dessus des obstacles. Je m’arrête sur la route, aujourd’hui pour t’attendre et t’appeler chaque jour, chaque seconde. Mon Infini, je pleure mais ces larmes ne me sembleront jamais vaines, elles ne seront qu’ombres au tableau de ma Quête.
Toi et ma vie entière ensemble sans fin et sans bout, d’une continuité et d’une évidence que tous envieront. Tes défauts seront des qualités que je boirai sans soif, j’aimerai les échecs autant que les victoires parce que face à toi je me sentirai égale.
Il n’y aura plus de peine, plus de souffrances mais de la joie, inchangée au fil du temps qui passe. Je respire déjà le même air que toi, marche sur le même sol que toi et regarde les mêmes étoiles que toi.
Maintenant,
J’ai ouvert les yeux encore un autre matin, et je t’ai vu à mes côtés, sentir ton souffle dans mon cou, tes bras deviennent une prison plaisir.
Alors les jours sans toi seront une torture à laquelle aucune grâce ne pourra se résoudre, seuls les jours avec toi me sauveront de l’abîme dans laquelle je me plongeais en ton absence. La vie sans toi sera un long fleuve de silence dans lequel je me noierais jusqu'à ce que tu reviennes et tout les mets retrouveront de leur saveur.
Un peu après,
Je sais que je vais me réveiller à côté de toi toujours maintenant, et ton odeur je l’ai toujours connue. Mon ventre relâchera sa pression et mon corps épanoui ne sera plus qu’un. J’aurai peur de te perdre et là, mes angoisses reviendront mais cela sera différent car tout le sera. Parce qu’avec toi ce ne sera plus de lendemains vains. Puisque je t’ai cherché et puisque maintenant tu es là avec moi, je cultiverai ces grâces intimes, non plus rien ne sera évident ou prévisible, seules ces choses que j’ai attendues me combleront et j’en pleure tous les jours le ciel de joie.
Je te promets le meilleur de moi-même, je te jure rires et larmes sans reproches. Je suis là et heureuse. Je pourrai m’accrocher à tes doigts sans craindre que tu ne t’en ailles et ta main sera emboitée dans mon cou d’une façon si sublime que rien ne retiendra le temps que je te réserve. Peut-être t’aurai-je idéalisé un peu trop, comme une petite fille, mais tu es cet idéal sans cheval blanc que mes rêves m’ont, un jour au creux d’une nuit, promis. Oh mon Infini, regarde le ciel pourra contenir tout le brouillard de la terre, rien ne ternira plus jamais ma vie comme elle le fut quand tu n’étais pas encore présent. Mes doigts trembleront sous la passion enivrante qui m’éveillera d’une longue agonie. Je t’ai attendu, je t’ai attendu, crois moi, bien plus que toute une vie, bien plus qu’une foule de vies antérieures à celle-ci. Avant même d’être là sans doute que ces destins furent liés. Comment pourrai-je te remercier d’être arrivé avant la fin ? Des larmes, amour, des larmes chaudes de douceur que je t’offre encore à cette heure. J’aurai peur, surement. Alors il te faudra apprivoiser mes blessures et comprendre les cicatrices pour ouvrir la boite qui contient les mots de cette lettre. Mais tu y arriveras parce que la clé est Toi. Je meurs sans toi près de moi, sans toi dans ma maison ou dans mes bras, je meurs de te savoir loin et j’ai mal de ne pas pouvoir ouvrir les yeux plus vite. J’ai peur que tu partes, que le vent te remporte comme la vie t’avait offert. Mais cette peur est courage parce que je ne te quitterai pas malgré elle. Je sais que ça va être difficile mais je suis prête déjà à en payer le prix.
Peut-être que je me dirai que la chance est trop belle pour moi et que le bonheur est éphémère mais jamais tu ne le sauras car ces pensées sans doute nuiront à ton épanouissement.
Tu ne seras jamais comme tous ces autres qui m’ont brulées les ailes avant. Tu les répareras précieusement avec tes mains. Et tu feras l’effort en respect d’au moins essayer d’être amoureux de moi un peu. Et si cela ne marche pas, amour, tu sais. Ce n’est pas grave.
Je peux partir si tu me le demandes mais pas sans mourir. Je peux contenir mes émotions à l’intérieur de mes yeux mais pas laisser les souvenirs me ronger. Avoir gouté à toi fut délice, rien après cela ne pourra jamais me saisir encore de surprises.
Je te vois, je te sens et cette envie me saoule de joie et d’exaltations. Je te pense et te dessine en écriture parce que je sais que tu es là. Comme mon cœur a saigné avant ton apparition, comme mon âme a retenu son souffle alors que nos yeux se mêlaient, comme la jalousie m’a titillée avec stupeur. Je ne savais pas qu’elle existait encore en moi. Je marche sur une route différente parce que mes amis t’aiment, mes frères t’aiment, mes chats te reconnaissent. Si tout est parfait comme je le pense, puisque je le sais dans mon corps que c’est toi alors nos routes se rejoignent et je me fous de savoir pour combien de temps. Je me lâcherai en projets plus tard parce qu’ils fleurissent vite et vite. J’ai tout oublié de l’avant, rien ne m’a marqué comme ça, je t’ai gardé en secret dans mon silence et maintenant avec toi mes cris sont étouffés sous ta présence. Je te jure, je te jure, des demains plus beaux. Je ne vois plus rien de très urgent dans cette vie qui sans toi n’a pas de fruits. Reveille toi encore près de moi longtemps et tu verras cette lumière valsant et berçante. Je marcherai derrière toi toujours amour. Et si devant je ne vois rien, ton corps sera ma lumière et mon ombre à la foi pure.
Je marcherai avec toi toujours amour. Et si les chastetés payent en or, ta passion sera ma félicité et mon âme le chemin.
N’oublie jamais que je t’ai cherché comme dans le désert on cherche de l’eau. Je pourrai tourner en rond, maintenant que tu as lu ces lignes c’est que je t’ai trouvé. Et il n’y a plus que cela qui compte désormais. Etre avec Toi.
Carole (copyright)
Toi, Lui,
J’ai cherché sur ma route des centaines de fois sinon plus, des flammes et des gorgées qui m’auraient envahie de grâce. Je regrette de ne pouvoir te parler, mais je ne t’ai pas encore rencontré en moi. Pourtant, personne m’a dit qu’un jour, où l’air se fait rare et où les oiseaux volent bas dans les nuages, tu serais là. A mes pieds, à ma tête, à mes rêves, irrités.
Du regard, j’ai fouillé. Des mamelles ensemble et des ensembles en sang. J’aurais posé ma tête sur ton épaule et tu aurais regardé mes cheveux d’un air que je connais bien pour en avoir fantasmé.
Je revois des mains entremêlées dans les silences du soir. Je revois ces larmes qui n’auraient plus eu de raison d’être si Tu avais été là.
Dans ce monde que j’ai construit de mes mains, dans cette sueur que j’ai versée pour t’imaginer devant ma personne. Tu sais, ces choses qu’on ne dit jamais. Je les ai pensées si fort que j’espérais que de ton ailleurs tu les entendes. Ne fut-ce qu’un peu.
Si tu savais, j’ai eu peur de te perdre avant même d’avoir vu mes yeux dans les tiens.
Ces étoiles que tu aimes, je les ai gravées dans mon esprit. Comme cela, si on se croise dans un autre endroit que celui-ci, je les aurais emportées avec moi pour toi.
Si tu savais comme j’ai mal de ta mystérieuse présence dans mon ventre, si tu voyais comme j’ai mal de ce manque que je ne connais pourtant pas.
J’aurais mis ma main blottie dans la tienne et j’aurais dormi mes yeux posés sur toi.
Mais je sais déjà que tu n’arriveras jamais dans mon pays maudit. Dont la clé, je ne sais si elle a un jour existé. J’ai mal au ventre, tu sais, de me languir dans mon refuge. En espérant que tu viennes me sauver. Si un jour tu viens, je te donnerai cette lettre. Tu liras, ces lignes tapées de mes doigts meurtris sur ce clavier avec lequel je pense renaître. Tu comprendras, à quel point je t’ai imaginé vivant, à quel point je t’ai imaginé près de moi. Et tu n’auras pas peur, parce que tu auras déjà compris depuis le temps d’avant notre rencontre que notre ère se réveille du dessous, qu’une route s’ouvre devant nous et que jamais je ne cesserai de faire l’effort d’y rester à tes côtés. Je ne flancherai plus, tu seras cette lueur, qu’on m’avait un jour promise à un coin de vie. Je te promets qu’à chaque occasion que j’ai eue de te rencontrer, m’apercevant d’une erreur humaine, j’ai partagé. Mais sans jamais détourner l’esprit de ton existence et de notre Vie. Un corps pour essai, pour avoir l’âme à toi et pour avoir jour après jour des espoirs et autant de déceptions de te trouver. Parce que je te cherche, dans une odeur, dans un murmure ou dans un geste et même dans les passions et les pensées.
Le matin je me réveille, encore un jour sans tes mains. Un jour de plus à y penser.
Je te promets avoir regardé devant moi, tête haute ; ne te trouvant pas sur le sol. Je te promets des jours avec des soleils mille fois plus intenses que ceux que tu as pu connaître.
Je te promets de revenir te chercher où que tu tombes, même en enfer, même en éthyle, même en illicite. Je te promets des miroirs qui te rendrons tel, enfant et père. Je te promets de partir si tu me le demandes, sans bruits, sans regards et sans larmes parce que tu es cette vie si puissante à laquelle je pourrais renoncer avec dignité. Mais plus jamais alors, je ne saurai être comblée, tant le manque me rongera, tant ton souvenir m’obsèdera. Même si je suis déjà en ce souvenir futur. Je te promets des journées de lutte et de passion, des jours de repos et des nuits de veille inassouvies.
Je ne souhaite qu’une rapide entrée de ta part dans mon existence. Je me diviserai, j’oublierai que j’ai pu être mal et heureuse en même temps.
Je te promets de t’attendre sur le bord du chemin, toutes les secondes de lune et de nuits noires. Ma vie sans toi fut un trou sans fond, avec toi, elle sera lumière et pleine. Tu sauras tout de moi, des montagnes aux monts et merveilles, des gouffres et des rainures sombres et des courses à travers champs.
N’oublie jamais amour que tu es ma plus belle quête, que je resterais assoiffée de toi jusqu’à la fusion à laquelle j’aspire.
Si tu as vu en rêve mes yeux avant même que je te les présente, si tu as senti mon odeur dans ton intérieur, effleuré mes cheveux du bout des doigts avant même d’en avoir su la couleur, alors c’est que tu es Toi et que nous devons unir ce que le destin n’aurait jamais manqué.
J’entends déjà ton soupir faible dans mon oreille, amour, je jure que cette mélodie je ne l’ai pas inventée. Je te présenterai ma famille de chats et ils te reconnaitront aussi. On dira de nous qu’on est né collés, mais qu’importera alors les paroles d’autrui.
Je t’offrirai une place dans ma bulle pour tes repos plus sains. Je la briserai si tes arguments surpassent les miens. Je te perdrai cents fois, milles fois pour te retrouver et accroître ce que mon ventre ressent.
J’aurai des parfums de fleurs dans l’âme et des papillons voleront autour.
Si tu savais comme je t’attends, comme je te souhaite. Perdue sans cela.
Peut être que tu es déjà près de moi, à côté, dans l’ignorance partagée. Peut être… Alors, ces instants partagés dans l’inconnu, me sembleront plus savoureux pour les avoir niés tant de temps. Comme j’aimerais te voir. Déjà sous ma fenêtre. Peut être chanteras tu des odes à mon nom. Tu seras poète, tu seras auteur de mes jours et de leur beauté. Tu seras peintre.
Je vois les couleurs, les saveurs, les nuances. Seras tu enflammé ? Seras tu délicat ? Combleras-tu mon désordre de stabilité ? Je me moque d’un complément ou d’une ressemblance. Je te désire toi, tel quel. Et mon idée peut changer au fil que les jours coulent et découlent dans ma vie, les bases restent les mêmes, les fondements demeurent inchangés. Je sens aussi les frissons qui parcourent mon corps quand je te vois à mes côtés, endormi. Alors mes nuits seront sans sommeil et cette absence sera d’une telle volupté, que rien ne m’en détachera plus. Je dormirai enfin, souriante. Tu seras cette naissance, cette fleur qui éclot grâce à toi, qui fleurira pour toi et avec toi, qui se fanera avec toi, cendres avec toi. Le chemin, jusqu’au bout et même dans les abysses. Tu seras le commencement, l’oubli sera plaisir, rien n’aura de raisons ni le passé, oublié. Ni les souvenirs, de côté. Je te raconterai parfois avec douceur ma vie d’autrefois, et tu feras de même et nos paroles seront bues vice versa comme un bon vin blanc sucré. On critiquera gentiment les gens dans la rue. Riant, aimant. Je vois cette quiétude envahir le monde, et nous bercés par le flot des marrées. Je vois la mer. Montante et descendante, salée ou polluée. Mais je vois la mer avec toi, paradis. Je vais te rencontrer et sortir de ma déprime. Je ne sais quand mais je sais que le jour arrivera. Pardon de mettre du temps à sortir du refuge pour avoir plus de chances. J’espère croiser prochainement ton regard, au détour d’une rue, dans un bar, dans un bois. Je me relèverai et ton regard qui plongera dans le mien avec force me dira que je suis arrivée, que désormais tout ne sera que repos et tout alors, sera gagné.
Alors une histoire sera construite à partir de deux autres dont les ombres s’effaceront, comme une révérence à ce point de départ. Si tu savais comme ma Quête est devenue intense, comme je sens que je me rapproche, que je suis prête à te recevoir dans mon monde de petite fille, où les portes et les bras te sont ouverts à jamais, je te promets calme et volupté, aventures et passions. Les promesses murmurées seront écrites alors, sur nos peaux désirées. Amour sans toi tout est mystère, tu es la réponse à toutes mes questions, l’aboutissement de mes certitudes. Que ceux qui crieront à l’idéalisme s’ensanglantent dans notre bonheur à présent que je ne suis plus seule à le penser. La lassitude n’existera pas non plus, les rêves seront sans cesse renouvelés et exhaussés dans le jardin que je cultiverai pour toi. Ensemble épanoui, ensemble compléments d’identité, saches comme je t’ai fêté en silence tous les crépuscules qui m’ont été offerts. Les étoiles filantes que je te vouais, les beautés naturelles que j’ai retenues dans mon esprit pour te les offrir un jour. Aujourd’hui la vie nous offre une danse, l’ultime danse qui durera le temps de nos envies, je jure les miennes éternelles.
Tu chanteras pour moi des chansons. Je te vois en train de lire mes mots, je ne serai probablement pas à tes côtés, enfuie la petite fille. Ou je serais perdue dans tes pensées, savourant secondes après secondes, délectant cet instant qu’impatiente j’attends. Le regard fuyant, s’échappant timidement.
Je ne volerais plus jamais seule, je serai toujours accrochée à ton petit doigt et on s’envolera ensemble, tu verras amour ce pays imaginaire qui m’a bercée en rêvant.
Tu supporteras mon côté enfant aux caprices délicats, et mes larmes salées ou poivrées n’ouvriront que tes bras sur moi. Pas de courroux amour, jamais, tu comprendras mes peines et mes joies. Tu boiras ma sensibilité qui s’épanouira pour toi, je te vois aimant de mes jours et amants de mes nuits. Je n’aurai jamais la prétention de te posséder mais tu sauras que je suis bien à toi car je ne suis sur cette terre qu’un pantin animé par le désir de te reconnaître, je deviendrai en chair et en sang grâce à toi et peut-être aimerai-je ce même sang qui me vit si lasse de devoir l’écouler sous des meilleurs auspices. Je t’Aime, comme on aime une vie entière parce que, désiré, tu es mon plus savoureux espoir. Je t’imagine et je te parle, la nuit, en voiture, chaque seconde qui me sépare encore et encore de toi.
Je vais t’écrire ces mots avec la flamme que tu entretiens déjà sans le savoir. Tu verras le bien de ma personne, tu sentiras mon cœur battre pour l’humanité entière et nous partagerons ces passions qui me tiennent également en vie. Je t’emmènerai faire le tour du monde, le bon monde, celui dont j’ai rêvé en même temps que toi.
Nous danserons sur cet air que nous connaitrons par cœur pour en avoir inventé la mélodie, je te promets de maitriser les pas avant même de les avoir exécutés.
Mes silences seront fruités, pour te rassasier, je te jure amour, que je ne calculerai rien, ne sentirai rien que je pourrais prévoir, parce que ça sera bien.
Avec Toi et parce qu’avant toi, le vide n’avait pas de sens. Je remplirai les trous de mes rires, je réaliserai tes vœux car ils seront pareils aux miens. Je t’ouvrirai les voies de la renaissance, je construirai des ponts pour toi passer au dessus des obstacles. Je m’arrête sur la route, aujourd’hui pour t’attendre et t’appeler chaque jour, chaque seconde. Mon Infini, je pleure mais ces larmes ne me sembleront jamais vaines, elles ne seront qu’ombres au tableau de ma Quête.
Toi et ma vie entière ensemble sans fin et sans bout, d’une continuité et d’une évidence que tous envieront. Tes défauts seront des qualités que je boirai sans soif, j’aimerai les échecs autant que les victoires parce que face à toi je me sentirai égale.
Il n’y aura plus de peine, plus de souffrances mais de la joie, inchangée au fil du temps qui passe. Je respire déjà le même air que toi, marche sur le même sol que toi et regarde les mêmes étoiles que toi.
Maintenant,
J’ai ouvert les yeux encore un autre matin, et je t’ai vu à mes côtés, sentir ton souffle dans mon cou, tes bras deviennent une prison plaisir.
Alors les jours sans toi seront une torture à laquelle aucune grâce ne pourra se résoudre, seuls les jours avec toi me sauveront de l’abîme dans laquelle je me plongeais en ton absence. La vie sans toi sera un long fleuve de silence dans lequel je me noierais jusqu'à ce que tu reviennes et tout les mets retrouveront de leur saveur.
Un peu après,
Je sais que je vais me réveiller à côté de toi toujours maintenant, et ton odeur je l’ai toujours connue. Mon ventre relâchera sa pression et mon corps épanoui ne sera plus qu’un. J’aurai peur de te perdre et là, mes angoisses reviendront mais cela sera différent car tout le sera. Parce qu’avec toi ce ne sera plus de lendemains vains. Puisque je t’ai cherché et puisque maintenant tu es là avec moi, je cultiverai ces grâces intimes, non plus rien ne sera évident ou prévisible, seules ces choses que j’ai attendues me combleront et j’en pleure tous les jours le ciel de joie.
Je te promets le meilleur de moi-même, je te jure rires et larmes sans reproches. Je suis là et heureuse. Je pourrai m’accrocher à tes doigts sans craindre que tu ne t’en ailles et ta main sera emboitée dans mon cou d’une façon si sublime que rien ne retiendra le temps que je te réserve. Peut-être t’aurai-je idéalisé un peu trop, comme une petite fille, mais tu es cet idéal sans cheval blanc que mes rêves m’ont, un jour au creux d’une nuit, promis. Oh mon Infini, regarde le ciel pourra contenir tout le brouillard de la terre, rien ne ternira plus jamais ma vie comme elle le fut quand tu n’étais pas encore présent. Mes doigts trembleront sous la passion enivrante qui m’éveillera d’une longue agonie. Je t’ai attendu, je t’ai attendu, crois moi, bien plus que toute une vie, bien plus qu’une foule de vies antérieures à celle-ci. Avant même d’être là sans doute que ces destins furent liés. Comment pourrai-je te remercier d’être arrivé avant la fin ? Des larmes, amour, des larmes chaudes de douceur que je t’offre encore à cette heure. J’aurai peur, surement. Alors il te faudra apprivoiser mes blessures et comprendre les cicatrices pour ouvrir la boite qui contient les mots de cette lettre. Mais tu y arriveras parce que la clé est Toi. Je meurs sans toi près de moi, sans toi dans ma maison ou dans mes bras, je meurs de te savoir loin et j’ai mal de ne pas pouvoir ouvrir les yeux plus vite. J’ai peur que tu partes, que le vent te remporte comme la vie t’avait offert. Mais cette peur est courage parce que je ne te quitterai pas malgré elle. Je sais que ça va être difficile mais je suis prête déjà à en payer le prix.
Peut-être que je me dirai que la chance est trop belle pour moi et que le bonheur est éphémère mais jamais tu ne le sauras car ces pensées sans doute nuiront à ton épanouissement.
Tu ne seras jamais comme tous ces autres qui m’ont brulées les ailes avant. Tu les répareras précieusement avec tes mains. Et tu feras l’effort en respect d’au moins essayer d’être amoureux de moi un peu. Et si cela ne marche pas, amour, tu sais. Ce n’est pas grave.
Je peux partir si tu me le demandes mais pas sans mourir. Je peux contenir mes émotions à l’intérieur de mes yeux mais pas laisser les souvenirs me ronger. Avoir gouté à toi fut délice, rien après cela ne pourra jamais me saisir encore de surprises.
Je te vois, je te sens et cette envie me saoule de joie et d’exaltations. Je te pense et te dessine en écriture parce que je sais que tu es là. Comme mon cœur a saigné avant ton apparition, comme mon âme a retenu son souffle alors que nos yeux se mêlaient, comme la jalousie m’a titillée avec stupeur. Je ne savais pas qu’elle existait encore en moi. Je marche sur une route différente parce que mes amis t’aiment, mes frères t’aiment, mes chats te reconnaissent. Si tout est parfait comme je le pense, puisque je le sais dans mon corps que c’est toi alors nos routes se rejoignent et je me fous de savoir pour combien de temps. Je me lâcherai en projets plus tard parce qu’ils fleurissent vite et vite. J’ai tout oublié de l’avant, rien ne m’a marqué comme ça, je t’ai gardé en secret dans mon silence et maintenant avec toi mes cris sont étouffés sous ta présence. Je te jure, je te jure, des demains plus beaux. Je ne vois plus rien de très urgent dans cette vie qui sans toi n’a pas de fruits. Reveille toi encore près de moi longtemps et tu verras cette lumière valsant et berçante. Je marcherai derrière toi toujours amour. Et si devant je ne vois rien, ton corps sera ma lumière et mon ombre à la foi pure.
Je marcherai avec toi toujours amour. Et si les chastetés payent en or, ta passion sera ma félicité et mon âme le chemin.
N’oublie jamais que je t’ai cherché comme dans le désert on cherche de l’eau. Je pourrai tourner en rond, maintenant que tu as lu ces lignes c’est que je t’ai trouvé. Et il n’y a plus que cela qui compte désormais. Etre avec Toi.
Carole (copyright)
FOUTAISES part II
1 commentaire:
Bonjour Missk.
J'ai touvé ce texte touchant et très émouvant, il y a un avant et un après lui, une fois le texte lu, de doux et profonds sentiments demeurent encore lontemps.
Qu'il doit être comblé celui à qui ces paroles s'adressent
Salty Dog
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