Peut être que si tu arrives à l’écrire aujourd’hui, alors tu pourras aider des gens à survivre avec ça. Ma maladie durera toute ma vie. Je le crois et l’espère. Je ne pense pas qu’elle pourra s’en aller mais je crois qu’elle devra s’adapter. Borderline. Encore aujourd’hui je ne peux prononcer ces mots tout hauts. Ils ne sortent pas. Les deux plus douloureux symptômes que j’ai supportés furent l’automutilation et la peur de l’abandon. Les deux étant indéniablement liés. Comme du lierre qui aurait recouvert entièrement toute une maison. Impossible à enlever ou alors des années pour l’arracher. J’ai enduré ces années. Elles m’ont meurtries, m’ont laissé des marques que je dois très souvent présenter aux autres. Comment faire pour ne pas que les gens s’en aillent ? Voilà la question qui m’a obsédée. Six longues années, peut être plus. La première fois que je me suis mutilée, j’avais 16ans. J’avais un petit ami, mais notre relation était baignée de culpabilité incessante. C’est vers la fin que je suis partie en délire sans fin… jusqu’à maintenant. C’était le 24 janvier 2001 exactement, nous nous étions disputés et il m’avait ignorée à une soirée. La peur de l’abandon m’a alors saisie. Je ne sais dire si c’était la première fois, mais à ce moment là, tout fut tellement si personnel. Je ne me souviens plus des coupures, je me souviens que c’était grave. J’avais 16 ans, j’étais si jeune. Le lendemain, j’ai été obligée de tout dire à ma mère. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Il y a eut des menaces et tellement d’incompréhension. Tellement. Dans une famille où rien n’est jamais assez bien fait, ce fut le drame sur lequel mes parents ont immédiatement fermé les yeux. Après, tout l’univers a conspiré contre moi. Ou du moins, c’est l’impression que j’ai eue. Il y a toute ma vie qui s’entremêle dans ces instants. Dans ces nuits et dans cette odeur de sang. Un an et demi durant, j’ai été seule. Et je n’ai rien fait pour aller mieux. Mais qui se serait occupé de moi ? Qui ? Par la suite, 3 ans et demi d’aveux et un an d’abstinence. Je regrette tellement de choses, j’ai fait souffrir tellement de gens et je continue à en faire souffrir. Tellement d’amis sont partis par ma faute. A cause de cette maladie que je ne savais porter. Qu’ais-je fais endurer à ma famille ? A mes parents et à mes frères durant tant d’années ? Des visions d’horreurs, des cris, des pleurs. Mais combien de tonnes et de tonnes de douleur ais-je portées ? Je n’ai eu aucun contrôle sur moi-même. Ma vraie personnalité n’aurait jamais voulu cela.
Je ne sais pas pourquoi, mais je suis obligée de souffrir, je suis obligée. C’est ma punition.
Je vis pour la rédemption, de quelque chose que j’ai fais. Je ne sais pas où, je ne sais pas quand, peut être suis-je folle, mais cela me ronge de l’intérieur. Je dois obtenir un pardon. D’une erreur se trouvant dans cette vie, ou dans une autre. Tout ce que je sais, c’est que je veux ma sérénité et non une illusion qui endort. Je veux comprendre autre chose, je suis sure qu’il y a autre chose. Un truc profond dissimulé que je connais, un vide énorme que je me dois de combler avant de mourir. C’est une obligation, un besoin, je ne sais. Mais cela doit être effectué, sinon je ne grandirai pas.
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