dimanche 9 décembre 2007

[SOUVENIR/SOUPIR]

Le soleil parcoure la chambre. Les rayons touchent mon corps. Et je vous vois.
Mes bras sont dépourvus de surface. Les poils sont parcimonieusement dispensés sur ma peau. Par endroits absents, par d’autres en bataille. Mais toujours clairs. D’un seul coup, c’est le passé qui resurgit, les souvenirs qui éblouissent. Les douleurs toujours plus fortes et les bonheurs plus intenses. Je ressens le monde entier. En moi, vogue encore la mélancolie. Je peux faire pareil avec mes mollets, avec ma joue droite, avec mes cuisses… Je peux me souvenir de tout mais pas de celle que je fus à votre époque. Je vous vois. Et le sang qui vous bordait revit dans mes tempes. Le manque se fait espérer. Ce fut bien plus qu’une addiction, une vie ! Face à vous, d’autres m’ont donné leur propre version : tombée dans les orties, battue par un homme, fille des cités, méchante quand j’étais jeune… Mais ma jeunesse est toujours là. Vous étiez mes rêves. Je vous vivais à fond. Ma barrière pour les autres, mon miroir d’existence. Le pâle reflet, l’absurdité de la passion. Mon écriture dépendait de vous, mes larmes également. Je ne peux dire aujourd’hui ce qu’il me reste de vous, ce qui ressort de cette relation. Sans doute est-il trop tôt encore. Mais j’ai couru, j’ai attendu et j’ai vu. J’ai senti les blessures dans la chair et le soleil trop vif qui éblouit le visage baigné de larmes. Je suis passée du coq à l’âne, de la pluie au beau temps, du sommeil profond au réveil trop brusque, des échecs certains aux réussites approximatives. Je vous demande de rester, en preuves uniques et gravées sur ma peau et dans mon être. Le monde endormi se réveille ; je ne pouvais vivre sans vous. Je vous buvais, vous caressais, vous méprisais.
« Chaque douleur humaine sens le pour toi comme une honte. »

1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'ai mis un chat à la fin de mon blog, je ne sais pas si ça marche mais normalement c'est pratique pour communiquer.

SaltyDog