Est-il déléctable de se rendre compte (enfin) que l'on a raté ses études.
Aujourd'hui, je me regarde dans un miroir, et je ne vois rien.
Je ne me vois pas, je ne vois rien qu'un grand trou béant. Mon échec scolaire est amer.
Je retourne en cours à moitié comme avant, à moitié comme hier.
Encore une fois, je me retrouve entre deux flots.
J'en souffre.
Je suis seule, sans lui, je ne perçois pas mon utilité.
Je me répète inlassablement que ce n'est pas parce qu'on rate ses études, qu'on rate sa vie.
Et elle pleure, et elle fait le balancier avec son corps, elle dit : "Siii on rate sa vie, siii on n'a plus de vie après..." Alors elle pleure. Pour être forte encore. Pour résister, toujours.
Pauvre petite fille, tu es toujours là.
Et même si les autres voient ta valeur, comment cela pourrait-il s'arranger
puisque toi tu ne la vois pas?
Alors je décide de ramer, comme toujours, à contre courant.
Mais cet échec me balance en pleine gueule la fatale réalité de mon existence, tout ce qui ne va pas, tout ce que j'aurais du faire, avant qu'il ne soit trop tard.
IL EST TROP TARD.
Plus rien ne sera jamais comme avant, avant est mort.
Je peux toujours essayer de courir en arrière, rien n'y fait.
Pourtant, dans cette abime demeure une lumière ; Madame H.S.
Mon éveil et mon courage.
Je lutterai, je vivrai, je l'ai décidé.
Comme une main tendue vers l'humanité entière, mes projets aboutiront.
Dans trois ans maximum j'y serai, j'y retournerai seule même. Mes enfants sauront que j'ai lutté.
Et qu'à force de lutte, j'y suis arrivée.
Oui, il existe une lumière quelque part, je ne peux mourir avant de l'avoir trouvée.
Sinon, pourquoi serais-je née?
L'école aujourd'hui eût du mal à m'accepter. Mes questions n'ont pas trouvé de réponses.
La solitude m'a véritablement écrasée en ce jour froid.
Ecrasée. Je me suis réveillée d'un mois de sommeil.
Comment vais-je me reconstruire?
Pourquoi? Pour quoi? Pour qui?
Mais je m'en fais la promesse intime,
JE VIVRAI
Envers et contre tout.
Je désire être la preuve qu'on s'en sort.
Que la vie dépasse cela.
En marchand sans chaussures sur les braises, les pieds finissent par cicatriser.
Il faut oublier, il faut absolument effacer.
Mais comment faire disparaitre ce que le coeur a gravé?
Carole, tu dois être actrice de ta vie. Tu le dois.
Il y a du sang qui coule en toi, qui fait battre ton coeur.
Il y a ce sang dans tes veines, ce sang c'est la vie.
Ne le bois pas encore, tu le feras plus tard.
Quand tu seras grande.
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