lundi 17 septembre 2007

Pour parler d'soi.


Je n’avais pas eu d’enfance, je n’avais pas eu d’adolescence, je n’avais rien eu. Ma jeunesse avait fané avant même d’avoir éclos. Et ça me rendait si triste. Si triste. Alors, j’avais peur de ne pas avoir de vie. De me retourner à soixante ans et voir que tout n’était que fumée, regrets et passions déchues. Non ! IL fallait que j’évite ça. Je voulais uniquement le bonheur et les envies assouvies. Je savais que c’était impossible, ce n’était pas un bon « deal », si on choisissait de vivre, il fallait accepter et les bons et les mauvais côtés. Ce genre de marché a toujours de sales revers. Mais je ne voulais pas, cette idée m’était insupportable. Perdre mes amis ? Insupportable. Finir seule ? Insupportable. Souffrir ? Insupportable. Pleurer la nuit ? Crier en silence ? Insupportable. Insupportable.Non, non ,non. Au diable l’avenir heureux avec ces problèmes d’indifférence et d’argent. Au diable l’univers familial et le boulot du train -train quotidien assommant qui font croire que la vie est belle, qui ressourcent les gens avant que l’illusion ne s’efface pour laisser place à l’effroi. Je voulais vivre de façon différente, avoir une vie de rêve. Je voulais vivre mes rêves, partir découvrir ce monde et ses beautés physiques. Je voulais me ressourcer sur terre, je voulais vivre dans mes rêves, faire ce dont j’avais envie à cent pour cent, faire tout ce qui aurait pu me rendre heureuse. Je pensais toujours que la vie était infinie, qu’on ne s’endormait qu’une fois assouvis. J’ y croyais dur comme fer. Je voulais que ce soit la vraie réalité de l’existence. Mais personne n’y croyait comme moi, personne n’osait s’aventurer sur ce genre de chemin. Une passionnée, une simple passionnée. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que je n’aurais pu survivre sans cette passion. Elle m’attisait comme on attise un feu pour qu’il brûle tout au long d’une nuit noire sans étoiles.Je gardais cet espoir vivace en moi, c’est lui et lui seul qui m’aidait à tenir le coup, à espérer qu’un jour je l’aurais, mon île de douceur, mon île de vie tranquille. J’en pleurais encore.Je n’étais qu’une vague qui se brisait sur du sable trop dur, fondé par les hommes qui ne voulaient pas que je submerge le monde avec mes idéaux qui auraient de toute manière détruit les leurs.Un jour, ils regretteront d’avoir poussé des personnes à se couper le souffle avant le grand saut. Un jour, la roue tournerait et me laisserait en paix.

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